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Détail de la couverture, "Les Années d'hiver : 1980-1985" par Félix Guattari /G7, détail photo de Margaret Thatcher, Ronald Reagan, Brian Mulroney, Francois Mitterrand et Helmut Kohl, 20 juin 1988, Université de Toronto, Canada,
Épisode 8 :

Les raisons intellectuelles de l’engourdissement des années 1980

59 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi interroger les moments clés de la rupture moderne? Quelle relation entretient le totalitarisme avec la démocratie? Quel rôle a joué l’anti-totalitarisme dans l’essoufflement intellectuel? demande Pierre Rosanvallon. L'historien revient sur les dangers qui menacent la vie intellectuelle.

Détail de la couverture, "Les Années d'hiver : 1980-1985" par Félix Guattari /G7, détail photo de Margaret Thatcher, Ronald Reagan, Brian Mulroney, Francois Mitterrand et Helmut Kohl, 20 juin 1988, Université de Toronto, Canada,
Détail de la couverture, "Les Années d'hiver : 1980-1985" par Félix Guattari /G7, détail photo de Margaret Thatcher, Ronald Reagan, Brian Mulroney, Francois Mitterrand et Helmut Kohl, 20 juin 1988, Université de Toronto, Canada, Crédits : Barrault/Wikicommons/Courtesy Ronald Reagan Presidential Library

Après les explorations enthousiastes des années post 68, la césure de 1981 a marqué l’avènement des « années d’hiver » pour reprendre la formule de Felix Guattari pour désigner l’engourdissement intellectuel et politique dans les années 1980. 

Pierre Rosanvallon, titulaire de la chaire Histoire Moderne et Contemporaine du politique, dans le cours qu’il consacre sur deux ans aux « années 1968-2018 : une histoire intellectuelle et politique » se penche sur les raisons précisément "intellectuelles" de cet engourdissement. L’historien, philosophe du politique, en présente les manifestations tout en tissant parallèlement le récit de ses propres interrogations et de ses recherches sur la démocratie, l’autonomie et le libéralisme. Il analyse les dangers qui peuvent menacer la vie intellectuelle, ce qu’il appelle « l’universitarisation », mais aussi la noyade dans l’érudition et l’identification à son sujet.

Pierre Rosanvallon nous fait part de ses lectures, de ses rencontres, du travail et des échanges au sein du séminaire de François Furet à l’EHESS où il a pu retrouver Cornelius Castoriadis et Claude Lefort.

"Nous pensions, dit-il, que pour refaire le bagage d’idées de la construction démocratique", pour reprendre la formule d’Edgar Quinet, "il était nécessaire de se tourner sur les moments-clés de la rupture moderne, les révolutions fondatrices des XVIIe-XVIIIe siècles, l’émergence de l’individu et l’autonomie du politique".

Dans La Démocratie à l’œuvre, en 2015, Pierre Rosanvallon explique :

l'expérience démocratique a été inséparable de débats et de combats récurrents sur sa définition et les formes de son développement. Dans cette perspective, l'accomplissement démocratique ne peut être appréhendé comme un modèle qu'il serait possible de caractériser de façon définitive. Il ne peut être compris que sous les espèces d'une exploration raisonnée de ses différents modes et de ses différentes dimensions, ainsi que de leur activation ou mise en institution. Le "progrès démocratique", contrairement à ce que pensait Tocqueville, implique en ce sens une complication de la démocratie. Ses pathologies consistant à l'inverse toujours en une réduction ou une simplification problématique. La démocratie minimale de Schumpeter la limite par exemple à l'élection concurrentielle des dirigeants, le populisme n’envisage le peuple que sous les espèces d’un tout homogène uniquement défini par ce qui lui est extérieur, tandis que le totalitarisme prétend avoir résolu par la mise en place d'un pouvoir-société, les apories de la représentation-figuration."

Enfin Pierre Rosanvallon interroge la dimension négative de l’identité de la 2e gauche. La critique des archaïsmes, du jacobinisme, la décentralisation, tous ces éléments très porteurs dans les années 1970 s’érodent…

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 1er février 2017, pour le cours de Pierre Rosanvallon, aujourd’hui « Les raisons intellectuelles de l’engourdissement »

Félix Guattari, "Les années d'hiver : 1980-1985" (édition de 2009)
Félix Guattari, "Les années d'hiver : 1980-1985" (édition de 2009) Crédits : les Prairies ordinaires,

Bibliographie

Intervenants
  • historien, titulaire de la chaire d'Histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France
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