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Keith Haring at work in the Stedelijk Museum in Amsterdam, 14 mars 1986/Detail from Government. Mural by Elihu Vedder. Library of Congress Thomas Jefferson Building, Washington, D.C. 1896
Épisode 9 :

L'engourdissement des années 1980, les causes politiques

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu’est-ce que le "tocquevillisme" du pauvre et son slogan banalisé de "L’Etat qui détruit les pouvoirs intermédiaires"? Qui sont les Jacobins d’excellence? L'historien Pierre Rosanvallon analyse les causes de l’essoufflement politique et s'interroge sur ce qu'est "l’indétermination démocratique".

Keith Haring at work in the Stedelijk Museum in Amsterdam, 14 mars 1986/Detail from Government. Mural by Elihu Vedder. Library of Congress Thomas Jefferson Building, Washington, D.C. 1896
Keith Haring at work in the Stedelijk Museum in Amsterdam, 14 mars 1986/Detail from Government. Mural by Elihu Vedder. Library of Congress Thomas Jefferson Building, Washington, D.C. 1896 Crédits : Wikicommons/Nationaal Archief/Vedder- Carol Highsmith

Pierre Rosanvallon, titulaire de la chaire Histoire Moderne et Contemporaine du politique, poursuit son interrogation du "long hiver des années 1980", marqué par un engourdissement des idées et un essoufflement politique d’autant plus saillant et douloureux, après les enthousiasmes et le stimulant laboratoire d’idées et d’utopies créatives des années post 68, dans sa série, sur deux ans au Collège de France, intitulée, « Les années 1968-2018 : une histoire intellectuelle et politique ».

Dans une interview donnée en 2010, l’historien-philosophe du politique expliquait que :

"la réflexion sur les perversions de la démocratie était étroitement liée à la prise en compte, dans un sens plus philosophique, du phénomène totalitaire. C’est là où mon travail, rappelle-t-il, a naturellement rencontré celui de Claude Lefort".

C’est ici que nous retrouvons justement Claude Lefort dans le cours de Pierre Rosanvallon, notamment le questionnement de « l’indétermination démocratique ».

Dans le recueil autour de ses travaux, publié au Seuil sous le titre, La Démocratie à l’œuvre, Pierre Rosanvallon revient sur sa définition de cette « notion d'indétermination démocratique ». Il résume :

"le sujet de la démocratie, son objet et ses procédures sont structurellement liés à des tensions, à des ambiguïtés, à des paradoxes, à des apories, à des asymétries, à des superpositions qui en rendent la définition et la conception problématique ; qui sont aussi conséquemment la source de multiples formes de désenchantement."

Ce sont ces différentes tensions et ambiguïtés qui sont encore interrogées, tandis qu’il poursuit son examen des figures négatives de l’identité intellectuelle et culturelle de la 2e gauche, ainsi la critique du jacobinisme, le combat contre les archaïsmes… Nous croisons Michel Rocard, tandis que s’esquissent très rapidement quelques portraits de serviteurs de l’Etat d’une autre génération, les fameux « jacobins d’excellence », Simon Nora en tête et leur mystique de l’Etat, confrontée au déclin du Plan. Le milieu des haut fonctionnaires se raréfie avec les sirènes du privé dans les années 1980. C’est aussi l’affaissement de la culture de modernisation tandis que celle du marché s’affirme avec les années Thatcher-Reagan.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 1er février 2017, pour le cours de Pierre Rosanvallon, aujourd’hui, "des raisons intellectuelles aux causes politiques de l’essoufflement".

Intervenants
  • historien, titulaire de la chaire d'Histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France
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