LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Street art/Butte aux cailles, dont "Indivisibles : liberté, égalité, humanité" /  Paris 13e,
Épisode 21 :

Attentes et enjeux

58 min
À retrouver dans l'émission

Quel est le nouvel âge de l’émancipation? Comment peut-on définir une démocratie post-électorale? Peut-on faire une théorie des populismes, le populisme étant un "mot caoutchouc"? demande l'historien-philosophe, Pierre Rosanvallon.

Street art/Butte aux cailles, dont "Indivisibles : liberté, égalité, humanité" /  Paris 13e,
Street art/Butte aux cailles, dont "Indivisibles : liberté, égalité, humanité" / Paris 13e, Crédits : Combo_ck/R. Nerset (photo)

Nouvelle diffusion du 20 mars 2018

Intellectuel atypique, passé d’HEC à la CFDT, puis à l’EHESS, avant le Collège de France, où il est titulaire de la chaire Histoire Moderne et Contemporaine du politique, Pierre Rosanvallon  a consacrée depuis l’an passé aux années 1968-2018 : une histoire intellectuelle et politique.

Afin d’interroger les grandes mutations qui touchent tous les domaines, politique, économie, sociétés et le nouvel âge de la modernité, qui a été radicalement critiqué ces dernières années, Pierre Rosnavllon  mêle son itinéraire personnel à une grande fresque collective, où il a exploré sur deux cycles de cours, en 2017 et en 2018, le laboratoire politique et intellectuel de 1968 à 2018 et les maux du temps présent. Cette grande fresque s’achèvera demain. 

Dans le cours précédent, il s’est attaché à l’analyse des changements qui ont touché le capitalisme et le monde du travail et la notion de l’individualisme. Il avait rappelé que :

« Les sociétés occidentales des XIXe et XXe siècles célébraient dans un esprit libéral les droits personnels tout en restant économiquement et socialement des sociétés de corps et de classes. Coexistaient ainsi en elles le vieux et le neuf. Elles deviendront vers la fin du XXème siècle de véritables sociétés d’individus, au sens classique que Norbert Elias a donné à cette expression. Un telle société est fondée sur ce que j’ai proposé d’appeler dans La Société des égaux un individualisme de singularité, en rupture avec le précédent universalisme d’universalité. » 

Or cette « aspiration à la singularité va radicalement transformer la conception des droits de l’homme tels qu’ils avaient été classiquement appréhendés dans l’individualisme d’universalité. » 

L'historien-philosophe soulignait ensuite que :

"cette forme d’égalité définit un type de société dont le mode de composition n’est ni celui de l’universalisme abstrait ni celui du communautarisme identitaire, mais celui d’une construction et d’une reconnaissance dynamiques des particularités. Ce basculement a des implications considérables. Il indique que c’est à partir de ce qu’ils ont en eux de spécifique que les individus veulent dorénavant faire société. La valorisation de la singularité a donc une dimension immédiatement sociale. Elle ne marque pas une tendance à la distanciation de l’individu vis-à-vis de la société (au sens d’un individualisme de repli, séparateur), mais fonde plutôt l’attente d’une réciprocité, d’une reconnaissance mutuelle. Cela conduit à l’entrée dans un âge pleinement démocratique du social, correspondant au constat que celui-ci n’est définitivement plus fondé en nature et qu’il repose uniquement sur une philosophie partagée de l’égalité. Correspondant également au fait que la démocratie comme régime n’est plus dissociée de la démocratie forme de société."

Il s’est interrogé sur la façon dont la question des discriminations est devenue centrale et sur la façon dont la dynamique des droits est entrée dans une nouvelle phase de son histoire, alors que l’émancipation dans le champs de l’économie et du travail semblait simultanément en panne. Il a alors interrogé le déclin de a performance démocratique de l’élection.   

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 7 février 2018 pour le cours de Pierre Rosanvallon,  aujourd’hui, « Attentes et enjeux ».

Pour prolonger :

- Colloque lié à la série de Pierre Rosanvallon : La démocratie à l'âge de la post-vérité, les contributions sont disponibles en ligne sur le site du Collège de France

- La photo en Une de Renaud Nerset, reprend principalement une oeuvre du street-artiste COMBO Culture Kidnapper FEAR NO ONE, FEAR NOTHING...

Intervenants
  • historien, titulaire de la chaire d'Histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France
L'équipe
Coordination
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......