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Albert Camus en 1957, extrait de son discours, Prix Nobel de Littérature/Détails de couvertures, "Demain le capitalisme" d'H. Lepage (1978) et "Vu de droite d'A. de Benoist" (1977)/ portrait de Tony Blair, 7.11.2001
Épisode 16 :

Misère du social-libéralisme et nouveau paysage des idées

58 min
À retrouver dans l'émission

Comment les mots de Camus en 1957, "empêcher que le monde se défasse" ont-ils refait surface en 2000? demande Pierre Rosanvallon. Que manifeste l’indéfinition du social-libéralisme et son rejet sans analyse critique? Quel a été le "grand retournement du paysage des idées" dans les années 1990?

Albert Camus en 1957, extrait de son discours, Prix Nobel de Littérature/Détails de couvertures, "Demain le capitalisme" d'H. Lepage (1978) et "Vu de droite d'A. de Benoist" (1977)/ portrait de Tony Blair, 7.11.2001
Albert Camus en 1957, extrait de son discours, Prix Nobel de Littérature/Détails de couvertures, "Demain le capitalisme" d'H. Lepage (1978) et "Vu de droite d'A. de Benoist" (1977)/ portrait de Tony Blair, 7.11.2001 Crédits : Wikicommons/United Press Internat./Pluriel/P. Morse/Copernicus Diffusion

Nouvelle diffusion du 13 mars 2018

Malgré des réformes politiques majeures, pourquoi "l’expérience du New Labour en actes de Tony Blair s’est elle avérée un cuisant échec"? Qu’est ce qui s’est joué avec la notion de l’égalité des chances alors que l’économie anglaise était régie par le mécanisme du gagnant qui rafle tout - ce qui accroit considérablement les inégalités? Comment la vision nostalgique, conservatrice et restauratrice a-t-elle ôté aux différentes sensibilités de gauche la capacité à gouverner l’avenir? Comment les ambitions opposées des "nouveaux économistes" et de "la nouvelle droite" ont-elles finalement échoué à opérer un retournement d’hégémonie? 

Pierre Rosanvallon, intellectuel atypique, historien-philosophe, passé d’HEC à la CFDT, puis à l’EHESS, avant le Collège de France, où il est titulaire de la chaire Histoire Moderne et Contemporaine du politique, mêle son itinéraire personnel à une vaste fresque collective, où il interroge l’histoire politique et intellectuelle de 1968 à 2018 et les maux du temps présent. Depuis les cours précédents, il a examiné les nouvelles cultures politiques des années 1990, le souverainisme, le national populisme et il s’est penché hier sur les mutations de la gauche, l’émergence d’une nouvelle culture avec la « gauche de résistance » à partir des grèves de 1995 et la conversion décalée de la gauche de gouvernement à la social-démocratie. 

Cette « gauche de gouvernement, formant la majorité du Parti socialiste, s’est progressivement trouvée comme vidée de sa substance, notait Pierre Rosanvallon, ne se montrant plus capable que de définitions négatives d’elle-même. » 

Dans le contexte du désenchantement européen et de l’épuisement de la social-démocratie, l’historien-philosophe du politique soulignait également que 

« ce socialisme de gouvernement s’était avéré incapable de se doter d’un langage propre et neuf, à la différence du New Labour britannique dont l’offensive idéologique avait marqué le milieu des années 1990. Jospin et les socialistes français avaient pris leurs distances avec le Manifeste Blair-Schröder de 1999, jugé trop à droite, mais sans pour autant définir précisément leur identité alternative. » 

Pierre Rosanvallon notait enfin,

« Si la politique consiste à donner un langage à ce que vivent les hommes et les femmes et à leur indiquer le chemin des possibles, force est de constater que le socialisme réformiste avait dès cette période cessé d’incarner une puissance d’avenir et qu’il n’avait plus la capacité de représenter le monde social. C’était évident pour le socialisme français, mais ce l’était tout autant pour celui des autres pays. » 

Il restait à interroger ce qu’on avait appelé « La Troisième voie » avant d’aborder le nouveau paysage des idées en 2e partie de cours, "l'avenir à reculons" et la réappropriation dans les années 2000 de l'invitation de Camus à "empêcher que le monde se défasse" (Archive de 1957, présentée en ouverture et citée par Pierre Rosanvallon) et les tentatives de renverser le poids intellectuel de la gauche, par les nouveaux économistes et l'extrême droite.

Et nous gagnons tout de suite l’amphithéâtre du Collège de France, le 24 janvier pour le cours de Pierre Rosanvallon,  aujourd’hui « Misère du social-libéralisme et nouveau paysage des idées » 

Pour prolonger :

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« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse ». 

"Ces mots de Camus, extraits de son discours de réception du prix Nobel de littérature en 1957, rappelle Pierre Rosanvallon, en 2eme partie de cours, ont refait surface au début des années 2000. Cités par des personnes de tous bords, ils ont fait entendre de plus en plus fort leur petite musique. Jusqu’à donner le sentiment de constituer le mot d’ordre implicite de l’époque. Il y avait des préoccupations objectives qui le justifiaient, dans le sillage de la diffusion de l’attention à la question écologique par exemple. En raison aussi, sur un terrain plus directement idéologique, de la frénésie avec laquelle certains avaient appelé à rompre avec toute une histoire sociale du pays."

Bibliographie

Intervenants
  • historien, titulaire de la chaire d'Histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France
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