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Abner E. Woodruff, The Evolution of Industrial Democracy,  Illustr. Ralph Chaplin/Cartoon from the records of the National Child Labor Committee : child laborer supporting the world with her labor & an uncaring robber baron industrialist, 1912
Épisode 7 :

Grand retournement (suite) : les critiques du capitalisme et de la modernité

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelle est l’image de la modernité négative de l’Amérique? Qui est "bourgeois-phobus"? Comment traditionalistes et catholiques, artistes et socialistes, ont-ils dénoncé le monde industriel en formation, le nouvel ordre capitaliste et les doctrines libérales? demande Pierre Rosanvallon.

Abner E. Woodruff, The Evolution of Industrial Democracy,  Illustr. Ralph Chaplin/Cartoon from the records of the National Child Labor Committee : child laborer supporting the world with her labor & an uncaring robber baron industrialist, 1912
Abner E. Woodruff, The Evolution of Industrial Democracy, Illustr. Ralph Chaplin/Cartoon from the records of the National Child Labor Committee : child laborer supporting the world with her labor & an uncaring robber baron industrialist, 1912 Crédits : Wikicommons/Industrial Workers of the World/Library of Congress statement

Quelles sont les convergences et les équivoques? Comment le vieux et le neuf se sont-ils mêlés? Comment les deux philosophies « antimoderne » et « naturaliste » se sont-elles retrouvées aujourd’hui pour instruire le procès de la gauche existante? 

Pierre Rosanvallon, titulaire de la chaire Histoire Moderne et Contemporaine du politique, observateur attentif du laboratoire démocratique, entre terrains, vécus et conceptualisations, nous entraîne dans une grande fresque, autour de l’histoire politique et intellectuelle, mêlant les séquences d’histoire récente, entre 1968 et aujourd’hui, à celles du long XIXe siècle, voire de la période révolutionnaire et aussi à un récit plus personnel où il partage son propre itinéraire d’HEC à la CFDT, puis à l’EHESS et la Fondation Saint-Simon avant l’entrée au Collège de France, en 2001. En parallèle des événements, des points de crise ou de ruptures, des portraits des protagonistes de ces changements et du compte-rendu des publications qui ont fait date et école, compte-rendu nourri de très éclairantes, sinon savoureuses citations, comme aujourd’hui, il fait entrer dans cette histoire très vivante et souvent inquiétante, ses interrogations, ses aveuglements, ses perplexités, ses enthousiasmes et une volonté de garder un cap constructif, en ce temps de catastrophisme et de sentiment d’impuissance paralysante, dans le cadre de la série de cours présentée sur 2 heures au Collège de France et proposée sur 2 ans, sous le titre général : « Les années 1968-2018 : une histoire intellectuelle et politique. » 

Le premier cycle de cours en 2017 avait été consacré à l’effervescent et enthousiasmant laboratoire des années post 1968 avant l’entrée dans l’engourdissement des idées, dans les années 1980 et les début d’une démocratie définie, depuis lors, en négatif après le tournant de la rigueur. 

En 2018, ce 2e cycle de cours part de l’essoufflement de ces années 1980 et des maux actuels, populismes et désenchantements démocratiques en tête, pour analyser le nouveau paysage politique et des idées dans les années 1990-2000 : le néo-républicanisme, la mise en orbite du FN, les mutations de la gauche et les misères de la sociale démocratie. 

Les derniers cours ont abordé les interrogations et les équivoques autour des « nouveaux réactionnaires » ou « antimodernes », sur l’émergence d’un antilibéralisme intégral, la critique de l’avènement de la société des individus, sur la radicalisation des aversions, la mise en avant d’un peuple essentialisé et jugé abandonné et sur le procès de mai 68, qui canalise toutes les critiques de la modernité. 

Or cette critique a une longue histoire à commencer par l’image négative de la modernité en Amérique, miroir grossissant de l’individualisme égoïste, de la médiocrité et du conformisme.  Aujourd’hui  la critique de la modernité et des doctrines libérales, s’accompagne de celles du capitalisme au moment de la révolution industrielle et Pierre Rosanvallon fait entrer Tocqueville, Théodore Jouffroy, Louis de Bonald, Villeneuve-Bargemont, Stendhal, Flaubert mais aussi Lord Byron, Lamennais, Marx… avant d’interroger, en s’en distinguant, les travaux et les conclusions de Raffaele Simone sur les déclins de la gauche.  

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 24 janvier 2018 pour le cours de Pierre Rosanvallon,  aujourd’hui « Grand retournement (suite) : les critiques du capitalisme et de la modernité »

Intervenants
  • historien, titulaire de la chaire d'Histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France
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