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L'Orchestre de l'Opéra / Le Pavillon Philips, Exposition universelle et internationale de Bruxelles (1958)
Épisode 3 :

Musiques, sons et signes (3/11) Repenser les formes: L’orchestre, le lieu et l’espace

59 min
À retrouver dans l'émission

Quel est le comportement spatial des objets sonores? Comment l’espace peut-il être révélateur de la polyphonie? Où situer l’orchestre? Philippe Manoury interroge notre façon de penser les penser les formes et de les renouveler : comment l’espace construit-il le son?

L'Orchestre de l'Opéra / Le Pavillon Philips, Exposition universelle et internationale de Bruxelles (1958)
L'Orchestre de l'Opéra / Le Pavillon Philips, Exposition universelle et internationale de Bruxelles (1958) Crédits : Edgar Degas / Iannis Xenakis / WikiCommons - Wouter Hagens

Rediffusion du 20 juin 2017

Comment entrent en jeu la perception du lointain, chez un Mahler ou les phénomènes de rotation chez un Stockhausen ?Le compositeur, Philippe Manoury, titulaire de la chaire annuelle de Création artistiqueinterroge la relation des sons et de l’espace aujourd’hui, dans le cadre de sa série intitulée, « "Musiques, sons et signes"

Il rappelle que « nous entendons le son », mais aussi « l’espace qui le porte ».Ici l’espace devient un écrin où un chœur de synthèse privé de cet espace sonne artificiel tandis que déployé dans un espace, il s’approchera d’un vrai chœur. Le compositeur, tel un Ravel ou un Debussy, joue de la distance, du son lointain. Loin d’obscurcir, nous dit Philippe Manoury, la distance « décuple l’imagination ». L’espace peut devenir une sorte de filtre. 

Le compositeur loue le génie de l’orchestration de Debussy qui donne "l’illusion de la marche", la source sonore s’approchant, tandis que les phénomènes de rotation chez Stockhausen donnent l’illusion de sons qui tournent. Philippe Manoury nous confie qu’il aime ce qui « fait tendre l’oreille », selon son expression. De Mahler à Boulez, en passant par ses propres œuvres, grâce aux extraits sonores, il analyse justement ce qui va nous faire tendre l’oreille.

Philippe Manoury a rejoint Pierre Boulez en 1981 à l’lrcam où il s'est attaché à l’étude de l’interaction en temps réel entre instruments acoustiques et informatique. Au journal La Croix, en 2012, il raconte :

« Je me souviens des premières réunions avec Pierre Boulez, l’électro-acousticien Giuseppe di Giunio et le flûtiste Larry Beauregard. Nous commencions à concevoir la transformation du son en temps réel. Il y avait les énormes ordinateurs 4A, B et G, et la 4X sur laquelle Boulez a élaboré Répons. Nous sommes allés avec elle jusqu’à Moscou et Leningrad, la machine transportée sur des camions de l'Armée rouge ! J'avais 29 ans... »

Professeur émérite de l'Université de Californie à San Diego, fondateur de sa propre académie de composition dans le cadre du festival Musica à Strasbourg, Philippe Manoury note dans la présentation de son cours :

« Voilà plus de deux siècles que l'on dispose les musiciens de façon identique pour constituer ce que nous appelons un 'orchestre'. N'y en aurait-il pas d'autres ? Depuis quelques années, je travaille à un triptyque pour orchestre spatialisé, _La trilogie Köln_, où je me confronte à ces problèmes. »

La question de la position de l’orchestre lui tient à cœur. Des symphonies de Beethoven et de Mahler conçues pour une écoute frontale aux nouvelles approches les plus récentes où l’on peut jouer de plusieurs espaces, Philippe Manoury rappelle comment cette organisation peut « grandement » influencer la musique.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 10 février 2017, pour le cours de Philippe Manoury, aujourd’hui "Repenser les formes, partie II : L’orchestre, le lieu et l’espace".

Extraits musicaux:

  • Manoury : In situ, Orchestre de la SWR, direction Pablo Rus Boseta (Enregistrement Radio-France)
  • Berlioz : Symphonie Fantastique, Chicago Symphony Orchestra, direction : Claudio Abbado (CD du commerce)
  • Ligeti : Lontano, Berliner Phliharmoniker, direction : Jonathan Nott (CD du commerce)
  • Ravel : La valse, Orchestre Phliharmonique de Radio-France direction : Myung Whun Chung (CD du commerce)
  • Debussy : Fêtes, extrait des 3 nocturnes pour orchestre, Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, direction : Bernard Haitink (CD du commerce)
  • Manoury : Passacaille pour Tokyo, Hideki Nagano, piano, Ensemble Intercontemporain, direction PIerre Boulez (Enregistrement privé)
  • Boulez : Répons, Ensemble InterContemporain, direction : Pierre Boulez (CD du commerce)
  • Stockhausen : Kontakte, (CD du commerce)
  • Boulez : Dialogue de l'ombre double, Alain Damien, clarinette (CD du commerce)
  • Manoury : In situ, Orchestre de la SWR, direction Pablo Rus Boseta (Enregistrement Radio-France)
  • Manoury : Ring, Gürzenich Orchester, direction Pablo Rus Boseta (Enregistrement Philharmonie de Cologne)
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L'invention de la musiqueCollège de France / Fayard, 2017

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