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Une des quatre plaques de bois peintes de Pitsa, trouvées en 1934, représentant une procession à un autel pour sacrifier un agneau, au son de la flûte et de la lyre. Vers 540-530 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Épisode 8 :

Normes sacrificielles - Partie 1

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu’est-ce que découper les "cuisses" du bélier, selon la norme des Grecs ? Qu’est-ce que la "cuisine" sacrificielle dans le polythéisme méditerranéen antique ? Existe-t-il une "manière grecque de sacrifier aux dieux" ? S'interroge Vinciane Pirenne-Delforge.

Une des quatre plaques de bois peintes de Pitsa, trouvées en 1934, représentant une procession à un autel pour sacrifier un agneau, au son de la flûte et de la lyre. Vers 540-530 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Une des quatre plaques de bois peintes de Pitsa, trouvées en 1934, représentant une procession à un autel pour sacrifier un agneau, au son de la flûte et de la lyre. Vers 540-530 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes Crédits : Wikipedia Commons

Peut-on déceler un arrière-plan partagé dans le registre des rituels grecs et, tout particulièrement, dans les pratiques sacrificielles ? S’interroge l'historienne-anthropologue. 

Titulaire de la chaire « Religion, histoire et société dans le monde grec antique », Vinciane Pirenne-Delforge nous initie, depuis sa leçon inaugurale, aux questions et aux problèmes de méthode que pose le polythéisme grec. 

A rebours de bien des déterminismes, elle nous entraîne en terrain exotique, sinon curieux et contre-intuitif pour les Européens du XXIe siècle, héritiers de deux millénaires de christianisme et d’un humanisme rationaliste. 

Inlassablement, elle analyse la tension entre l’unité et la diversité qui caractérise le système religieux des Grecs, s’interroge pour savoir si on doit parler de religion grecque au singulier ou au pluriel.

Dans la présentation de son cours, Vinciane Pirenne-Delforge note à propos des textes littéraires  qu’ils nous permettent d’atteindre un certain degré de généralité dans la structure du sacrifice sanglant ‘à la grecque’. Cela posé :

"peut-on déceler un tel arrière-plan dans la documentation épigraphique elle-même, se demande-t-elle, ou bien ces documents ne consignent-ils que les variations, les motifs sur la trame?"

L’historienne s’attache alors à 

"une remarquable stèle, mise au jour en 2002 en Thessalie, car elle fait apparaître pour la première fois, explicitement, dans un texte épigraphique, l’expression de 'norme grecque' (Hellenikos nomos) pour désigner une procédure sacrificielle. L’analyse de ce texte permet de circonscrire quel type de manipulation de l’animal sacrifié était conçu comme relevant d’une 'manière grecque de faire'."

Alors quels sont contrastes entre les sacrifices grecs et ceux des Perses? Peut-on distinguer, entre les deux, un bestiaire sacrificiel différent? Que révèle la combustion à la flamme de l’autel?  

Enfin, de l’épopée à Hérodote, en passant par la comédie, peut-on dégager une trame sacrificielle à partir de la comparaison entre les textes littéraires?

Nous gagnons tout de suite l’amphithéâtre du Collège de France, le 22 mars 2018, pour le cours de Vinciane Pirenne-Delforge.

Bibliographie

Intervenants
  • Historienne, professeur au Collège de France. Elle est titulaire de la Chaire Religion, Histoire et Société dans le Monde Grec Antique.
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