LE DIRECT
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789/Cours de M. Foucault consacré en 1979 au libéralisme & publié en 1997 sous le titre de "Naissance de la biopolitique"/Reagan & Thatcher in the White House Red Room., 29 Sept. 1983
Épisode 8 :

Modernité, libéralisme et néolibéralisme

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment appréhender la situation actuelle dans la modernité? Demande Pierre Rosanvallon. Quels sont les différents âge de la modernité et de l’émancipation? Comment modernité et émancipation se sont-elles déployées entre tensions et crises, depuis la Révolution française?

Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789/Cours de M. Foucault consacré en 1979 au libéralisme & publié en 1997 sous le titre de "Naissance de la biopolitique"/Reagan & Thatcher in the White House Red Room., 29 Sept. 1983
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Le Barbier, 1789/Cours de M. Foucault consacré en 1979 au libéralisme & publié en 1997 sous le titre de "Naissance de la biopolitique"/Reagan & Thatcher in the White House Red Room., 29 Sept. 1983 Crédits : Wkicommons/Musée Carnavalet/Le Seuil/Ronald Reagan Presidential Library

Quel a été le libéralisme égalitaire et optimiste? Quels sont les mouvements intermittents du terme Neo-libéralisme, tombé en désuétude et réapparu sous Thatcher et Reagan? Avons-nous à faire à quelque chose « d’insaisissable »? Quelle a été l’approche de Michel Foucault dans son cours laboratoire du Collège de France quand il est revenu sur la question du libéralisme, à la fin des années 1970? 

Pierre Rosanvallon, titulaire de la chaire Histoire Moderne et Contemporaine du politique, nous entraîne dans le cadre de sa série intitulée, "Les années 1968-2018 : une histoire intellectuelle et politique", dans une grande fresque où il mêle l’histoire collective à son itinéraire personnel, entre recherches et expériences dans la société civile, entre "enthousiasmes" et "perplexité", en jouant de différentes focales - tantôt le regard explore le temps présent, les populismes, la critique radicale de la modernité, le désenchantement démocratique, - tantôt le temps court, l’héritage du laboratoire des années 1968 et l’essoufflement des idées et de la démocratie à partir des années 1980, mais aussi le temps long, celui de l’histoire de l’émancipation et du libéralisme depuis la fin du XVIIIe siècle. Ce choix d’une histoire plurielle et chorale, entre terrain et théorie, nourrie de très nombreuses citations et portraits se veut au service d’un regard vigilant et constructif face aux mutations du XXIe siècle qui nous bouleversent. Il s’agit "d’exorciser notre sentiment d’impuissance" et nos peurs. 

Gérard Courtois revenant sur cette approche engagée du chercheur passé par la CFDT et l’EHESS avant le Collège de France, soulignait dans Le Monde en 2017 :

"Depuis un quart de siècle, Pierre Rosanvallon explore tous les territoires de la démocratie, leur émergence, leurs mouvements tectoniques, leur ligne de faille. Avec une obsession une ambition : comprendre pourquoi l’utopie d'une société des égaux, bâtie par et pour le peuple, s’est étiolée ; et chercher remède à cette désillusion « qui nourrit le désarroi contemporain »."

Après avoir critiqué l’approche de la radicalisation de la modernité, dont Pierre Rosanvallon a présenté les différentes formes idéologiques cette semaine, l’historien-philosophe du politique propose de réintroduire le temps long et généalogique. Le cours précédent a ouvert la question des trois âges de la modernité. Comment l’idée d’Indépendance était-elle appréhendée et comment correspondait-elle à l’avènement d’un nouveau type de société au temps des Lumières? demandait-il. Il rappelait en particulier : 

"S’il est inexact de considérer que c’est la modernité qui a inventé l’individu en tant qu’individualité - de nombreux travaux portant sur l’antiquité ou le moyen âge l’attestent sous différents angles - la figure de ce dernier acquiert bien une centralité inédite avec l’entrée dans la modernité sous les espèces du sujet constituant du social et du politique. Les œuvres de Rousseau, de Locke et de Kant ont commodément résumé le sens et les conditions de cet avènement". 

"John Millar et les lumières écossaises, poursuivait Pierre Rosanvallon,  avaient de leur côté inscrit ce sacre de l’individu indépendant dans une philosophie progressiste de l’histoire. Dans son Origine de la distinction des rangs, ce dernier proposait ainsi d’interpréter le mouvement de la civilisation comme celui d’une marche inéluctable et désirable vers une autonomie croissante tant des individus que la société civile". 

Pierre Rosanvallon notait encore :

"La société des individus qui en résultait était fondée sur le principe d’une « réciprocité des consciences libres », pour reprendre une heureuse formulation de Jean Starobinski », d’où dans le cas français, le caractère considéré comme inséparable des droits de l’homme et du citoyen, une citoyenneté active et égalitaire étant la condition d’une garantie de l’autonomie de chacun". 

Quelle a été alors la culture d’autonomie qui a pu accompagner le premier libéralismes dans une société pré-capitaliste, avant les grandes mutations de la Révolution industrielle?  

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 31 janvier 2018 pour le cours de Pierre Rosanvallon,  aujourd’hui, "modernité et libéralisme en mouvement". 

Bibliographie

Intervenants
  • historien, titulaire de la chaire d'Histoire moderne et contemporaine du politique au Collège de France
L'équipe
Réalisation
Coordination

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......