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Détail, édition manuscrite du Sutra du Diamant, traduction du moine indien Kumarajiva (344–415) du sanscrit au chinois, traduction reprise par le calligraphe chinois, Zhang Jizhi en 1253
Épisode 8 :

La Chine face à l'Inde autocentrée

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment les Chinois sont-ils devenus, à leur corps défendant, au moment où ils se convertissent au bouddhisme, les barbares des Indiens? Demande la sinologue Anne Cheng. Quels sont les paradoxes d’une Inde autocentrée qui a permis la naissance d’un bouddhisme qui s’est mondialisé ?

Détail, édition manuscrite du Sutra du Diamant, traduction du moine indien Kumarajiva (344–415) du sanscrit au chinois, traduction reprise par le calligraphe chinois, Zhang Jizhi en 1253
Détail, édition manuscrite du Sutra du Diamant, traduction du moine indien Kumarajiva (344–415) du sanscrit au chinois, traduction reprise par le calligraphe chinois, Zhang Jizhi en 1253 Crédits : Wikicommons/Wikicommons Tokyo National Museum/National Palace Museum

Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine» nous propose, selon ses mots de questionner sur la longue durée, du monde antique à aujourd’hui, la « prétention chinoise à l’universalité », dans le cadre de sa grande série sur plusieurs années intitulée, "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde ». La centralité chinoise se trouve questionnée sinon remise en question quand elle entre en contact avec l’Inde bouddhique.

Ce 4e cycle de cours qui s’est attaché  à la diffusion du bouddhisme arrive à son terme avec la promesse d’ouvrir, l’année prochaine, le grand chapitre du Japon… 

Anne Cheng achève la question posée cette semaine : comment la Chine des Han, empire très centralisé et fier de sa civilisation a-t-il pu accepter de se décentrer vers l’Inde et de s’ouvrir à une autre langue et une autre culture totalement différentes pour s’initier au bouddhisme dans les premiers siècles de notre ère? 

Nous avons croisé ces deux dernières semaines, les moines chinois traducteurs partis en Inde à la recherche des enseignements bouddhiques et des textes sacrées, les maîtres indiens venus en Chine, nous avons vu deux cultures très différentes s’opposer sur le fond et la forme, l’une valorisant l’oralité, l'Inde, contre l’autre donne la primauté à l’écrit, la Chine.

Dans son Histoire de la Pensée chinoise, la sinologue spécialiste de Confucius, rappelle le long processus sur plusieurs siècles d’assimilation du bouddhisme par la Chine. 

Au cours des Ve et VIe siècles, on a vu le bouddhisme s’indianiser en Chine, écrit-elle, en importants telles quelles des écoles typiquement indiennes. Dans cette même période le nombre de temples bouddhiques aurait presque doublé  et celui des moines presque plus que triplé.

Après les premiers moines partis en Chine, ce sont de nouvelles figures qui partent à leur tour, rapportant les récits des contrées de l’Ouest. Eux aussi sont confrontés au regard Indien qui les voit comme des barbares, à côté des Arabes et des Turcs, venus commercer. Le regard suspicieux vers l’étranger traverse les siècles, le cours questionne bien sûr notre époque et s’achève sur une malicieuse question : comment le Nouvel An chinois est-il devenu un atout majeur du soft power chinois? La sinologue cite "la philosophie du porc" et questionne la notion de civilisation aujourd'hui en Chine.

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 31 janvier 2019 pour le cours d’Anne Cheng , aujourd’hui, "La Chine face à l'Inde autocentrée".

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
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