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 Statue du moine Xuanzang, qui s'est rendu en Inde à la recherche des textes bouddhistes, sous la dynastie Tang, et en arrière plan, la pagode de la Grande Oie Sauvage, à Xian, dans la province du Shaanxi, en Chine ( 14 avril 2010).
Épisode 6 :

Le processus complexe des traductions bouddhiques"

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu’est ce qui se joue dans le grand saut des langues indiennes vers la langue chinoise et dans le grand saut de l’oral à l’écrit? Comment les traductions bouddhiques s’avèrent-elles un processus complexe et aléatoire dans la Chine des premiers siècles de notre ère? Demande la sinologue Anne Cheng.

 Statue du moine Xuanzang, qui s'est rendu en Inde à la recherche des textes bouddhistes, sous la dynastie Tang, et en arrière plan, la pagode de la Grande Oie Sauvage, à Xian, dans la province du Shaanxi, en Chine ( 14 avril 2010).
Statue du moine Xuanzang, qui s'est rendu en Inde à la recherche des textes bouddhistes, sous la dynastie Tang, et en arrière plan, la pagode de la Grande Oie Sauvage, à Xian, dans la province du Shaanxi, en Chine ( 14 avril 2010). Crédits : China Photos/Getty Images - Getty

A quelles difficultés ont pu se heurter les moines bouddhistes chinois traducteurs? Quelles sont les différences d’approches et de conceptions de la langue et des écritures, voire des dialectes, qui peuvent opposer ces moines aux maîtres indiens? 

Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine» nous propose, selon ses mots de questionner sur la longue durée, du monde antique à aujourd’hui, la « prétention chinoise à l’universalité », dans le cadre de sa grande série sur plusieurs années, intitulée, "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Inde, Japon". Ce 4e cycle de cours s’attache à la diffusion du bouddhisme en Chine et nous présente, un Empire du Milieu, une Chine impériale, qui se trouve alors décentrée par ses contacts avec son grand voisin indien, "pays au-delà des montagnes", où Bouddha est apparu…

Anne Cheng a longuement cité dans le cours précédent, les travaux de Gérard Fussman, titulaire de la chaire, Histoire du monde indien, au Collège de France. A propos de la progression du bouddhisme dans l’Inde du Nord Ouest, il souligne "le statut" particulier et "l’utilisation du livre en Inde ancienne, où les moines chinois et tibétains vinrent chercher les livres, nécessaires à la compréhension des enseignements du bouddhisme". Pour Gérard Fussman, 

"Les difficultés rencontrées par Faxian et Xuanzang, si elles furent réelles, s’expliquent non par le manque de livres, mais par le privilège traditionnellement donné en Inde à la parole sur le livre. On peut aussi imaginer que les a ̄ca ̄ryas indiens ne prenaient pas très au sérieux des moines étrangers sachant à peine la langue du pays et fort peu de sanskrit. Pourquoi leur auraient-ils prêté ou donné des manuscrits précieux avant que ceux-ci n’en aient appris assez pour les comprendre ? Le fait que le texte doive toujours être enseigné par le maître explique aussi qu’apparemment il n’y ait pas eu dans les bazars des boutiques vendant des livres bouddhiques".

L'indianiste rappelle les spécificités de la transmission des textes en Inde :

"L’enseignement originel du Buddha était oral. Antérieur d’au moins cent ans à l’utilisation de l’écriture en Inde gangétique, il ne fut pas fixé par écrit avant le 1er siècle avant n.è. Les différences entre les différentes recensions des textes tiennent à la fois à cette longue (environ trois siècles) période de transmission orale et au fait que même une fois consignés par écrit, les textes furent rarement transmis ne varietur."

La transmission orale signifie que, comme dans la tradition védique, fort peu de moines pouvaient maîtriser la totalité des paroles attribuées au Buddha. Il fallait en effet que le maître d’abord les prononce et les fasse répéter jusqu’à ce que l’élève ait mémorisé la leçon, alors seulement expliquée.

Alors qui étaient les moines traducteurs et comment se sont-ils adaptés aux langues indiennes et aux enjeux de traductions orales et écrites? 

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, les 10 et 17 janvier 2019 pour le cours d’Anne Cheng , aujourd’hui  "le processus complexe des traductions bouddhiques".

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
L'équipe
Coordination
Réalisation
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