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Gandhara Buddha. 1st-2nd century CE. Height is about 1 meter. Tokyo National Museum
Épisode 2 :

Quand l’empereur Ming rêve de Bouddha... les sources et les premières représentations de Bouddha en Chine (2/3)

59 min
À retrouver dans l'émission

A partir de quand trouve-t-on le nom de Bouddha en Chine et quelles sont les sources qui le citent? Demande la sinologue Anne Cheng. Comment apparaît-il en rêve à l’empereur Ming, volant, tout doré, un éclat de lumière au sommet de son crâne ?

Gandhara Buddha. 1st-2nd century CE. Height is about 1 meter. Tokyo National Museum
Gandhara Buddha. 1st-2nd century CE. Height is about 1 meter. Tokyo National Museum Crédits : wikicommons

Comment a été fondé le temple du cheval blanc, première institution bouddhiste officielle dans l’Empire du MIlieu?

Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine» questionne, selon sa formule, la "prétention chinoise à l’universalité », dans le cadre de sa grande série pluriannuelle, intitulée,  "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde"

Dans le cours précédent, elle est revenu sur la notion de centralité dans la Chine ancienne et sur la façon dont l’Empire du Milieu s’est ouvert aux Autres et s’est trouvé décentré aux contacts de l’Inde.

Dans un article de janvier 2018, la sinologue définit son approche comme « une tentative historique d’inverser les points de vue au plan des représentations". 

"L’Europe a longtemps vu le monde à partir d’elle-même, notamment depuis l’époque des grandes découvertes aux XVe-XVIe siècles. C’est donc en se fondant sur sa propre vision quel’Europe a proposé sa conception du monde et de l’universalité. Or, la notion d’universalité présente ce paradoxe bien connu qu’elle est tout sauf universelle. Alors que l’avènement de l’universalité des droits de l’Homme apparaît désormais en quelque sorte naturellement comme le produit de la philosophie des Lumières européennes qui représente elle-même le « triomphe de la Raison », l’universalité chinoise a partie liée avec une certaine idée de la civilisation, enracinée dans un centre unique (zhong 中) qui diffuse son influence civilisatrice vers la périphérie. Rappelons que la Chine se désigne elle-même ou, plus exactement, s’est volontiers laissé désigner par ses voisins-satellites, comme « le pays ou l’Empire du Milieu », en anglais « the Middle Kingdom » (Zhongguo 中國). Mais ainsi que le fait remarquer l’historien de la Chine Damien Chaussende : En réalité, le terme chinois zhongguo signifie État (ou États) du centre, et fait référence à l'Antiquité, à une époque où la Chine n'était pas unifiée, et où l'on distinguait les États chinois".

Dans le cours précédent, Anne Cheng a montré comment la voie du Bouddha s’était trouvé associée au taoïsme? Aujourd’hui elle explore les différentes sources qui font apparaître en premier le nom de Bouddha en Chine. 

Anne Cheng rend aussi un bref hommage aux travaux d'Henri Maspero, Professeur de langue et littérature chinoises au Collège de France (de 1919 à sa disparition en déportation en 1945). Elle cite son article intitulé "Le songe et l'ambassade de l'empereur Ming, Etude critique de sources" publié au début du XXe siècle dans Le Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, (tome X, 1910). 

Henri Maspero, illustre historien et sinologue y écrit : "le Sûtra en 42 articles passe pour avoir été le premier ouvrage bouddhiste traduit en chinois".

"L'histoire traditionnelle de l'introduction du bouddhisme en Chine est bien connue, poursuit Henri Maspero : au milieu du premier siècle de notre ère, l'empereur Ming des Han orientaux, ayant vu en rêve le bouddha, envoya des ambassadeurs dans l'Inde pour s'enquérir de sa doctrine ; à leur retour ses ambassadeurs rapportèrent des livres et des statues, et ramenèrent avec eux, deux bonzes hindous, les premiers venus en Chine qui commencèrent à traduire les écritures bouddhiques en chinois"."Cette histoire est racontée par un grand nombre d'écrivains. Mais depuis la fin du VIe siècle, tous ne font que reproduire un récit fixé pour le fond et pour la forme avant eux"

Et c’est bien cette riche histoire que nous retrouvons aujourd'hui, avec la question déjà soulevée par Henri Maspero sur sa véracité historique : 

"Ce récit qui a passé dans les histoires dynastiques a été longtemps accepté comme rigoureusement vrai ; mais récemment la découverte de quelques textes nouveaux a mis en question son authenticité."

Alors comment le bouddhisme a-t-il été introduit dans l’Empire du Milieu ? Comment s’est-il trouvé d’emblée sous le patronage impérial ? Comment l’éveil bouddhique marque-t-il la prise de conscience en Chine qu’il existe d’autres langues sacrées et comment entraîne-t-il un processus de traduction? 

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 29 novembre 2019 pour le cours d’Anne Cheng , aujourd’hui « Quand l’empereur Ming rêve de Bouddha... les sources et les premières représentations de Bouddha en Chine »

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
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