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Morceau de papier avec des inscriptions en fr:Kharoshthi. entre IIe-Ve siècles, Yingpan, Tarim Basin, musée du Xinjiang.
Épisode 7 :

La Chine curieuse de l’Inde et décentrée

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelles sont les difficultés des moines chinois face à la diversités des langues indiennes ? Demande la sinologue Anne Cheng. Comment s’y intéressent-ils en philologues dans les premiers siècles de notre ère?

Morceau de papier avec des inscriptions en fr:Kharoshthi. entre IIe-Ve siècles, Yingpan, Tarim Basin, musée du Xinjiang.
Morceau de papier avec des inscriptions en fr:Kharoshthi. entre IIe-Ve siècles, Yingpan, Tarim Basin, musée du Xinjiang. Crédits : PHG / Wikicommons

Quels sont les enjeux des mots indiens dits « pleins » et des mots indiens "dits à moitié tronqués" ? Comment le son serait-il premier en langue indienne et non réductible? Quels sont les sons "racines de la langue" et les sons du bout des lèvres? 

Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine» nous propose, de « décentrer la Chine », de questionner, du monde antique à aujourd’hui, la « prétention chinoise à l’universalité » et de sonder un « espace circulatoire plus large » où s’esquissent les interactions avec les grands voisins, l’Inde et le Japon, dans le cadre de sa série pluri-annuelle intitulée, "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde ».

Ce 4e cycle s’attache à la diffusion du bouddhisme en Chine et se penche en particulier sur les problèmes de traductions et d’écritures des langues indiennes au chinois. Nous suivons les figures des moines voyageurs chinois, tel le célèbre Faxian, et leurs rapports avec les maîtres indiens.

Anne cheng cite une exposition de la Bibliothèque Nationale de France qui revient sur la complexité linguistique indienne. Sur le site, il est rappelé de manière que 

"Les premiers écrits déchiffrés de l'Inde historique sont les célèbres édits de l'empereur Asoka - vers 260-230 -, gravés principalement sur des rocs et des piliers, du nord de l'Inde. Ces textes proclament la foi bouddhique de l'empereur. Ils sont en écritures kharosthi et brahmi (textes en langues indiennes), mais aussi en caractères grecs (texte grec) et araméens (texte araméen).

La kharosthi fut utilisée du IIIe siècle avant au IIIe siècle après notre ère en Inde, quelques siècles de plus en Asie centrale, puis elle disparut.

La brahmi (dont une tradition attribue la création à la divinité Brahma) est parfaitement développée au IIIe siècle avant notre ère et donc bien antérieure à cette époque. Elle est adaptée à la phonologie des langues indiennes. Elle peut marquer précisément tous les sons (consonnes, voyelles, consonnes liées à des voyelles ou à d'autres consonnes) des langues indiennes ; elle distingue les vocalisations longues des brèves (par l'addition d'un trait horizontal ou vertical) et possède un caractère spécial pour chaque voyelle isolée. De la brahmi dérivent toutes les autres écritures indiennes."

Alors le sens ou la forme ? Quels sont les dilemmes des traducteurs chinois, dont la langue d’origine privilégie l’écrit quand l’Inde donne la primauté à la transmission orale et multiplie les formes d’écritures et de langues? 

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 24 janvier 2019 pour le cours d’Anne Cheng , aujourd’hui La Chine curieuse de l’Inde et décentrée

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
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