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Chevaux de bronze de Venise - Illustrations de 1881
Épisode 7 :

Réappropriations plurielles

58 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi en 1815, Venise n’existe-t-elle plus qu’au pays des Rêves ? Comment analyser la cérémonie du retour des chevaux de Saint-Marc à Venise par l’Autriche qui occupe l’ancienne république, qui avait été longtemps libre ? s'interroge Bénédicte Savoy

Chevaux de bronze de Venise - Illustrations de 1881
Chevaux de bronze de Venise - Illustrations de 1881 Crédits : Anonyme/Getty - Getty

A quelles instrumentalisations du retour des œuvres volées et à quelles réappropriations plurielles assistons-nous ?

Napoléon, pillage des chevaux de Saint Marc, Venise, 1797 - Illustrations
Napoléon, pillage des chevaux de Saint Marc, Venise, 1797 - Illustrations Crédits : Anonyme / Getty - Getty

Bénédicte Savoy, Titulaire de la chaire internationale « Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe-XXesiècle », au Collège de France et Professeur à la Technische Universität de Berlin analyse le phénomène des translocations d’œuvres d’art autour de 1815, quand, le Musée Napoléon, futur musée du Louvre, a dû restituer les chefs d’œuvre qu’il avait conquis. Sa série intitulée "1815 : Année zéro. L'Europe à l'heure des restitutions d'œuvres d'art" nous transporte aux quatre coins de l’Europe et nous fait revivre les débats qui ont agité les villes et les pays européens autour des objets d’art qui avaient été saisis par les troupes révolutionnaires et napoléoniennes.

Bénédicte Savoy nous propose de suivre cette semaine les œuvres qui quittent Paris et qui regagnent quand c’est possible leur ville d'origine, à défaut de retrouver parfois leur premier lieu de résidence, quand le monastère ou le château qui les abritait n’existe plus ou n’est plus considéré comme le meilleur lieu d’exposition. L'historienne rappelle dans les résumés de ses cours que pendant l'absence des œuvres, de nouveaux concepts patrimoniaux, de nouvelles frontières, de nouveaux souverains ou de nouvelles structures d'accueil se sont formés, qui rendent "le retour compliqué, difficile". 

"Ce n'est pas une simple relocation, souligne-t-elle, mais on est face à des translocations et c'est là qu’interviennent les deux termes cardinaux pour toute la réflexion sur cette question. Premièrement, l'Inter-temporalité, c’est-à-dire, « qu'est ce qui s'est passé entre le moment du départ et le moment de l'arrivée » et deuxièmement  l'idée de translocation qui est la transformation que subissent les objets pendant leur absence et au moment de leur retour." 

L’historienne note "les couches de sens, de signification" qui s'ajoutent sur les oeuvres parce qu'elles ont été, ou sont transformées en trophées, parce qu'elles sont reprises, parce qu'elles ont changé de statut scientifique, etc.  Et ici la question de la restauration des objets d’art lors de leur séjour à Paris devient source de discussions voire de vives critiques des Français.

Alors quel sens est donné au retour des œuvres ? Comment du fait des contextes politiques et géopolitiques, est-on dans une logique d’ajout du sens ? Comment les objets d’art restitués sont-ils alors « chargés politiquement » s’interroge Bénédicte Savoy. Quelle est, par conséquent, la production d’images et de textes politiques qui accompagnent ces retours des œuvres d’art ? Quelles sont les émotions « patrimoniales » qui se manifestent alors ?

Avant de plonger dans ces question passionnantes, permettez-nous de vous prévenir que les équipes du Collège de France ont eu hélas un souci technique lors de l'enregistrement de ce cours. Un bruit parasite demeure malheureusement sur la piste son des fichiers audio et vidéo. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée.

Et nous gagnons le Collège de France, le 5 avril 2019 pour le cours de Bénédicte Savoy, aujourd’hui « Réappropriations plurielles »

Pour prolonger

Sa Leçon inaugurale a été publiée chez Fayard en 2014, sous le titre, Objets du désir, désir d’objets

Bénédicte Savoy a aussi publié Patrimoine annexé. Les biens culturels saisis par la France en Allemagne autour de 1800, aux Éd.de la maison des sciences de l’homme, en 2003.

Références musicales :

Générique de fin  : Yokota Susumu, "Flaming love and destiny", extrait de l'album Symbol (Lo Recording, 2004). 

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