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 novembre 1949, conversation entre le chah d'Iran Mohammed Reza Pahlavi et le président Truman.
Épisode 12 :

La crise turque et les débuts de la guerre froide

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment les Américains ont-ils acquis la conviction que l’URSS de Staline voulait satelliser la Turquie pour étendre son influence au Moyen-Orient ? Comment la Guerre Froide, « affrontement mondialisé » entre les Etats-Unis et l’URSS a-t-elle pu naître de la crise turque ?

 novembre 1949, conversation entre le chah d'Iran Mohammed Reza Pahlavi et le président Truman.
novembre 1949, conversation entre le chah d'Iran Mohammed Reza Pahlavi et le président Truman. Crédits : Corbis - Getty

Comment la renaissance du Grand Jeu d’avant 1914 et de la question d’Orient par les Russes devient-elle un affrontement de deux modes de vie et de deux économies, qui vont s’étendre du Proche-Orient à l’ensemble du monde ? S’interroge l’historien Henry Laurens.  

Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe » poursuit cette semaine encore, son analyse de l’hégémonie britannique entre 1926 et 1956, dans le cadre de sa série pluri-annuelle consacrée aux crises d’Orient. Nous voici à la fin de la guerre où Alliés britanniques et américains se trouvent face à la stratégie de Staline en Europe et au Moyen-Orient. La crise iranienne de 1945 permet aux Américains, comme va l’expliquer Henry Laurens, de faire « l’analogie entre ce qui se passe en Iran et ce qui déroule en Europe de l’Est : un grignotage continu des pouvoirs locaux pour arriver à une domination complète, appelée ensuite en Hongrie la ‘tactique du salami’. » Désormais les Américains craignent « de voir les Soviétiques arriver jusqu’aux rives du Golfe et d'en menacer les immenses richesses pétrolières. » Avec la crise turque, on change d’époque et de dimensions, durablement. Henry Laurens cite une dépêche américaine d’octobre 1945, en partie rédigée par Georges Kennan : 

« les buts de la politique soviétique au Moyen-Orient visent la sécurité et l’agrandissement territorial et sont au confluent de la tradition étatique russe et de l’idéologie communiste. Il en est ainsi de la Turquie qui constitue une vulnérabilité dans le dispositif de défense et la clef d’accès à la Méditerranée. Comme il n’existe pas d’opposition de gauche en Turquie, Moscou va jouer sur l’irrédentisme arménien et l’autonomisme kurde. Ce dernier peut être aussi utilisé en Irak et en Iran. L’action est multiforme : on vendra le stalinisme aux Juifs du Moyen-Orient, l’unité orthodoxe aux chrétiens, le tribalisme en Afghanistan ».

Aujourd’hui, à côté de la figure singulière du président Truman, l’historien fait ressortir de son récit deux grands stratèges américains. Georges Kennan, qui va définir l’endiguement de la progression soviétique et la compétition mondiale entre le modèle américain et le modèle soviétique, base de la guerre froide, et le général Marshall, homme clé de la victoire américaine en Europe, qui va permettre, grâce à son plan, de jeter les bases de tout le système économique occidental d’après-guerre…

Alors suite aux crises iraniennes et turques, comment la présence navale américaine va-t-elle devenir permanente en Méditerranée ? Comment l’arme économique dans le contexte naissant de la guerre froide (l’expression guerre froide est consacrée par la presse à la fin de 1946) devient-elle la toute première arme des Américains face aux ambitions soviétiques ? Les Soviétiques ont-ils eu une politique caucasienne ? 

Et nous gagnons le Collège de France le 19 décembre 2018.

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