LE DIRECT
Timbre, Empire Ottoman, 1886/Le Sultan Abdul Hamid II, en 1867 (Grande-Bretagne, par W.&D. DOWNEY)/Midhat Pasha par Ali Haydar Midhat/Louis Joseph Gilles de Torcy par A. Quinet en 1882
Épisode 1 :

Jeu d’influences vers 1880

58 min
À retrouver dans l'émission

Où situer la généalogie d'une décision, d'un événement, d'un courant, d'une crise? Pourquoi revenir aux années 1880, à l'histoire des relations entre l'Europe, le monde arabe, musulman et ottoman? Quelle partie se jouait entre Constantinople, l'espace syrien et les puissances occidentales ?

Timbre, Empire Ottoman, 1886/Le Sultan Abdul Hamid II, en 1867 (Grande-Bretagne, par W.&D. DOWNEY)/Midhat Pasha par Ali Haydar Midhat/Louis Joseph Gilles de Torcy par A. Quinet en 1882
Timbre, Empire Ottoman, 1886/Le Sultan Abdul Hamid II, en 1867 (Grande-Bretagne, par W.&D. DOWNEY)/Midhat Pasha par Ali Haydar Midhat/Louis Joseph Gilles de Torcy par A. Quinet en 1882 Crédits : Wikicommons, BNF, Gallica : W.&D. DOWNEY, A. QUINET

Qui était le capitaine de Torcy ? Quelles étaient ses relations avec le sultan Abdülhamid II ? Quel regard sur Midhat Pacha ?

Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe », poursuit son cours pluri-annuel consacré aux provinces arabes de l'Empire ottoman à la fin du XIXe en interrogeant le temps long, la genèse des décisions et des mouvements politiques, avec l’idée d’arriver à la crise de 1914. En ouverture de son cours l’an passé (et je vous renvoie à la belle diffusion dans le cadre de lEloge du Savoir de Christine Goémé), il rappelait, que

"l’Orient et l’Occident ne sont pas séparés, ils vivent en interaction".

Et c’est bien cette interaction qui est au cœur de ses interrogations encore dans cette nouvelle série que nous débutons aujourd'hui.

Dans son prochain ouvrage, intitulé, Les crises d'Orient, qui va paraître chez Fayard le 13 février 2017, Henry Laurens note en introduction :

"En 2016, on n’a jamais autant parlé d’un Empire ottoman pourtant disparu il y a près d’un siècle" (p.11).

L’historien évoque

"la charge mémorielle que comprend cette question d’Orient. Si, pour les Occidentaux, cette dernière appartient à un temps passé, tout aussi exotique que celui de la colonisation, pour les États et les peuples concernés elle reste vivante parce qu’elle a laissé d’innombrables traces alimentant meurtrissures, souffrances et ressentiments. La question d’Orient, et son corollaire le Grand Jeu, cette configuration spécifique des rapports internationaux dans une zone géographique déterminée, écrit-il encore, demeure toujours présente aujourd’hui alors qu’elle a plus de deux siècles d’existence. » (p.11)

Et nous voici confrontés à un jeu très vivant d’influences et de manoeuvres, avec sa part de calcul et d’irrationnel, qu’Henry Laurens nous présente aux lendemains de la guerre russo-turque de 1877-78 où l’on peut se demander qui craint qui et qui manipule qui.

Aujourd'hui, trois personnages émergent en particulier : le capitaine français, de Torcy, perçu comme, « l’expert conseil numéro un sur la Syrie », Midhat Pacha, le gouverneur de Syrie, à la réputation de « réformateur ottoman énergique », mais sur lequel « pèse le soupçon par les Français de vouloir établir à son profit une vice royauté syrienne qui serait sous protection britannique ». Quant à notre 3e personnage, le sultan Abdülhamid, celui-ci partage les mêmes soupçons que les Français "mais n’ose pas se débarrasser de Midhat Pacha du fait du soutien supposé des Anglais au nouveau gouverneur" (p. 213). Le sultan instrumentalise la rivalité anglo-française, tandis que Français et Anglais essaient de gagner leur part dans l’empire ottoman.

Les impérialismes s’affirment sur fond de pression russe. Des financiers britanniques, sans grand capital, rodent autour des possibles concessions de chemin de fer en Syrie qui leur permettraient de s’enrichir vite et bien tandis qu’émerge un premier nationalisme arabe.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 16 novembre 2016, à 15h, pour le cours d’Henry Laurens, "Les provinces arabes de l'Empire ottoman à la fin du XIX", jeu d’influences en 1880.

Pour prolonger :

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Entretien avec Christine Goémé, Les provinces arabes à la fin de l’époque ottomane (13) dans le cadre de l’Éloge du savoir, 9 mars 2016.

Quelques ressources en ligne autour d'Henry Laurens, sa bibliographie au Collège de France, sa page auteur chez Fayard

Couverture H. Laurens, Les crises d'orient 1768-1914 / Le massacre de Chios, 1822, par Christian Delacroix © Louvre, Paris, France / Bridgeman Images
Couverture H. Laurens, Les crises d'orient 1768-1914 / Le massacre de Chios, 1822, par Christian Delacroix © Louvre, Paris, France / Bridgeman Images Crédits : Fayard / C. Delacroix Louvre / Bridgeman Images

Et pour prolonger sur France Culture, La Fabrique de l'Histoire propose une grande série, "Le dernier siècle de l’Empire ottoman"

Intervenants
  • Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'Histoire contemporaine du monde arabe.
L'équipe
Production
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......