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Cuirassé  La Galissoniére - 1882 - Port Said
Épisode 10 :

La question égyptienne et le prestige européen

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment la vraie arme de domination européenne dans le monde n’est pas la conquête militaire mais la dette ? Comment le canal de Suez est-il devenu l’artère majeure de l’Empire britannique? Qu’est-ce que l’affaire des officiers turco-circassiens en Egypte?Comment joue la diplomatie de la canonnière?

Cuirassé  La Galissoniére - 1882 - Port Said
Cuirassé La Galissoniére - 1882 - Port Said Crédits : Wikicommons

Comment l’abolition des distances accroît-elle le nombre d’acteurs en interaction immédiate à un moment où le poids des opinions publiques compte de plus en plus ? Comment pèse la question du renforcement des fortifications d’Alexandrie ? Qui sont les Levantins ? Pourquoi le prestige européen entre en jeu ?

Henry Laurens, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe », poursuit son cours pluri-annuel consacré aux provinces arabes de l'Empire ottoman et plus particulièrement au grand tournant impérialiste te nationaliste des années 1880. Depuis plusieurs cours, nous suivons les multiples enjeux et acteurs de la révolution égyptienne de 1881-1882. Nous avons vu dans les cours précédents, que "La peur provoquée par le panislamisme" avait été "l’un des ciments de l’action conjointe franco-britannique en 1881". Or le mouvement de contestation des nationalistes égyptiens remet en cause tous les instruments de domination des Européens qui craignent le non paiement de la dette égyptienne. La France et la Grande Bretagne souhaiteraient un retour du Régine khédivial autoritaire avec quelques réformes et éventuellement une amorce d'un système représentatif. Aux yeux des Européens les régimes autoritaires garantiraient leurs intérêts. Ils craignent aussi la figure du rebelle et héros national, Urabi.

Dans les Orientales, Henry Laurens, résume ainsi la situation que nous suivons à partir de ce matin :

"Le 20 mai 1882 commence la démonstration navale franco-britannique. Le but de l'intervention est de maintenir l'autorité de Tawfiq face au parti national et d'interdire toute restauration de l'autorité directe de la Porte. L' abandon de la candidature du prince Halim est une concession française a la Grande-Bretagne. Freycinet s'inquiète des premiers signes de désunion entre les deux puissances. Le projet des deux puissances est d'obtenir l’éloignement d'Urabi Pacha et la constitution d'un gouvernement de Cherif Pacha. En revanche, la France est hostile a l'envoi de forces terrestres en Egypte que suggèrent les Britanniques."

"Contrairement a l'attente des deux puissances, le parti national reste au pouvoir. Paris demande a la Porte de désavouer les révolutionnaires égyptiens. Il faut passer par une conférence des ambassadeurs à Constantinople et par l'envoi d'un commissaire du Sultan en Egypte, Dervich Pacha. La Porte accepte l'envoi mais refuse la conférence. L'Allemagne soutient la position du gouvernement ottoman et montre les limites de l'intervention du Sultan."

Mais avant de découvrir la diplomatie de la canonnière et les manœuvres franco-anglaises, nous retrouvons le contexte de la première mondialisation au début de 1880 et la question de libre circulation. Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France le 4 janvier 2017, pour le cours d’Henry Laurens, "Les provinces arabes de l'Empire ottoman à la fin du XIX", aujourd’hui « la question égyptienne et le prestige européen »

Intervenants
  • Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d'Histoire contemporaine du monde arabe.
L'équipe
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