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Vue de la montagne de Broken située dans le territoire cu comté de Wernigerode, qui est dans les forêts de Hartz, 1749
Épisode 1 :

Le rapport à la terre

59 min
À retrouver dans l'émission

Quel est notre rapport à la terre? Comment humains et non humain sont-ils assemblés? Que recouvre la notion de territoire?

Vue de la montagne de Broken située dans le territoire cu comté de Wernigerode, qui est dans les forêts de Hartz, 1749
Vue de la montagne de Broken située dans le territoire cu comté de Wernigerode, qui est dans les forêts de Hartz, 1749 Crédits : Gallica / Bestehorn, L.S.

Philippe Descola, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Anthropologie de la nature, ce "successeur de Claude Lévi-Strauss et de Françoise Héritier" qui trace sa propre voie, nous entraîne dans une entreprise de "reconceptualisation critique" de sa discipline, pour sa série "Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité".

Il interroge notamment, le rapport à la terre, « l'emploi du terme collectif » qui joue un rôle central dans cet objectif. Il s'agit de mieux prendre en compte "la diversité des régimes ontologiques sous lesquels humains et non humains sont assemblés". Dès lors quels sont les fondements du vivre ensemble, comment les environnements sont-ils occupés et mis en valeur ? Comment les territoires sont-ils habités, définis, exploités, délimités ?

Son enquête se bornant à l’époque non moderne, il rappelle que :

dans ce « contexte non moderne, un territoire correspond rarement à ce que l’on a pris l’habitude de concevoir sous ce terme depuis l’émergence du système westphalien, à savoir une portion d’espace sur laquelle un État exerce sa souveraineté et dont les limites stables sont reconnues par les États voisins ».

Dans ce premier cours, Philippe Descola rappelle les travers eurocentriques et anthropocentriques des concepts de l’anthropologie soulignant que leur enracinement dans la philosophie des Lumières nous a rendu aveugles au fait que ce que nous appelons de façon passe-partout des « sociétés » sont en réalité pour les non modernes des assemblages qui contrairement aux nôtres contiennent et associent beaucoup plus que les seuls humains. C’est là une différence majeure entre les institutions des non modernes et les nôtres. Rappelons aussi cette autre différence importante avec les non modernes : le territoire dépend d’une foule de non-humains divinités, esprits, génies, ancêtres, fantômes, plantes, animaux, météores qui ont une sorte d’action autonome et avec lesquels les humains doivent composer. Ce premier cours revient sur la notion d’appropriation et l’interroge en rappelant qu’elle est le produit d’un système juridique et philosophique propre à l’Occident.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 2 mars 2016, pour le Cours de Philippe Descola, « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité »

Pour prolonger :

- Maurice Godelier, « Territoire et propriété dans quelques sociétés précapitalistes », La Pensée 198 : 7-49, 1978.

Bibliographie liée à la série de Philippe Descola.

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