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Danse des peuls avec les bœufs encerclés au milieu de la foule au Mali, 14 décembre 2014
Épisode 2 :

Qu'est-ce qu'un collectif ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi l’emploi du terme "collectif" ? Et qu’est-ce qu’un collectif au juste ?

Danse des peuls avec les bœufs encerclés au milieu de la foule au Mali, 14 décembre 2014
Danse des peuls avec les bœufs encerclés au milieu de la foule au Mali, 14 décembre 2014 Crédits : Wikiccommons/Fasokan

Philippe Descola, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Anthropologie de la nature, s’est engagé dans une entreprise de reconceptualisation de sa discipline, dans le cadre de sa série pluriannuelle, intitulée « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité ». Il réinterroge dans ce cadre les modalités et les institutions du vivre ensemble dans les collectifs non modernes, la notion de « collectif » transformant, nous dit-il en préambule, "la manière dont est traditionnellement pensé le rapport à la terre". Elle joue donc un rôle central dans cette entreprise de refondation.

Nous redécouvrons le rapport singulier qui se noue chez les non modernes entre humains et non humains, partageant un même espace de vie. Ces non humains, qui peuvent être des esprits, des ancêtres, des fantômes, des divinités, des animaux, des plantes ou des météorites seraient dotés d’une puissance d’agir autonome.

Revenant sur le couple « anthropologie / nature » dans l’intitulé de sa chaire, Philippe Descola dans une interview de 2004, pointait le phénomène suivant :

"dans la conception moderne du monde, la nature est considérée comme séparée des activités humaines alors que dans bien des sociétés ce n’est pas le cas. Mon idée est de montrer qu’il faut dépasser cette séparation entre les sciences de la nature et celles de la culture pour progresser dans notre compréhension du monde."

L’anthropologue en quête d’autres voies, s’il ouvre sur la notion de « collectif » chez Bruno Latour s’en distingue et nous donne sa propre définition :

"un collectif au sens où je l’entends, c’est une forme stabilisée d’associations entre des êtres qui peuvent être ontologiquement homogènes ou hétérogènes et dont aussi bien les principes de compositions que les modes de relations entre les composantes sont spécifiables et susceptibles d’être abordées réflexivement par des membres humains de ces assemblages, notamment évidemment lorsqu’il s’agit de qualifier des relations avec des collectifs voisins où ces principes et ces modes n’ont pas cours."

"L’existence du collectif est positionnelle et non intrinsèque" dit-il plus loin.

Sa mise en évidence est tributaire de la méthode comparative, méthode à laquelle l’anthropologue fait largement appel. Il se rapproche aussi des "cités" définies par Luc Boltanski et Laurent Thevenot.

Philippe Descola revient sur la diversité des processus de composition des mondes, des processus de mondiation et nous retrouvons aujourd’hui les "4 modes d’identification", distingués par l'anthropologue et auxquels il a donné les noms suivants :

"l’animisme (intériorité analogue à la mienne, mais physicalité différente) et son inverse, le naturalisme (discontinuité des intériorités mais continuité des physicalités) qui correspond à notre propre cosmologie moderne ; le totémisme (continuité des intériorités et des physicalités) et son inverse, l’analogisme".

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 9 mars 2016, pour le Cours de Philippe Descola, « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité »

Pour prolonger :

Bibliographie liée à la série de Philippe Descola.

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