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Oca is the name given to the typical Brazilian indigenous housing. The term comes from the Tupi-Guarani language family. They have no internal divisions or windows, only one or a few doors and serve as collective housing for several families. 2015
Épisode 4 :

Hypernomadisme des Tupi Guarani et semi-nomadisme des Maku

58 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi les Indiens Tupi-Guarani se lançaient-ils en masse dans la quête suicidaire de la Terre sans Mal? Que peut-on apprendre de cet hypernomadisme? Qu’est-ce qu’un collectif encastré? Quelles relations entre les Makù, chasseurs de gibiers et les Tukanos mangeurs de poissons?

Oca is the name given to the typical Brazilian indigenous housing. The term comes from the Tupi-Guarani language family. They have no internal divisions or windows, only one or a few doors and serve as collective housing for several families. 2015
Oca is the name given to the typical Brazilian indigenous housing. The term comes from the Tupi-Guarani language family. They have no internal divisions or windows, only one or a few doors and serve as collective housing for several families. 2015 Crédits : Wikicommons/The Photographer

Philippe Descola, titulaire de la chaire Anthropologie de la nature, s’est engagé dans une entreprise de reconceptualisation de sa discipline, dans le cadre de sa série pluriannuelle, intitulée « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité ». Il réinterroge dans ce cadre les modalités et les institutions du vivre ensemble dans les collectifs non modernes. Après les nomades de la mer, « collectifs libres », l’anthropologue nous présente « une forme plus extrême encore » de « l’indifférence à la territorialité ».

La quête d’une Terre de délice, où il n’est plus besoin de travailler, la Terre sans Mal des Tupi Guarani, "accessible aux vivants", par sa "localisation géographique précise", devient, explique Philippe Descola "le refus actif de toute existence villageoise, l’instauration d’un contre-ordre nomade du même type que celui dont on espérait l’avènement".

"Au cours des siècles, des dizaines de milliers de personnes, peut-être même des centaines de milliers, se sont trouvées concernées par ces migrations sur des distances parfois considérables", souligne-t-il encore.

Dans cette « dérive à la surface du monde » des nomades de la mer et des Tupi Guarani, « il n’y a guère de sens à parler d’occupation de l’espace ».

« Une telle notion ne devient pertinente que lorsque plusieurs collectifs se partagent un même espace de façon complémentaire et qu’ils doivent donc s’accommoder les uns des autres ».

Nous allons découvrir aujourd’hui, les collectifs encastrés. Ces groupes n’ont pas de territoire propre. Ils sont insérés dans l’espace d’autres collectifs dont ils dépendent partiellement, « non seulement pour l’usage de la terre, mais aussi, dans certains cas, pour l’accès à des puissances non humaines conditionnant cet usage ».

Ce sont des nomades aux déplacements plus ou moins grands ; ils organisent leur vie dans les interstices des sédentaires. Leur rapport à la terre est plus stable que celui des nomades de la mer. "Situés au bas de l’échelle", les Makú d’Amazonie colombienne et brésilienne, semi-nomades, vivant dans un régime animiste, "où les relations humains et non humains sont de même statut", sont en revanche dans une relation de dépendance avec les Tukanos pour profiter des forêts qui leur appartiennent mais où ils vont peu. Il existe une hiérarchie spatiale et une hiérarchie sociale, qui sera analysée après les migrations catastrophiques de Tupi-Guarani.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 16 mars 2016, pour le Cours de Philippe Descola, "Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité", aujourd'hui, Hypernomadisme des Tupi Guarani et semi-nomadisme des Makú

Pour prolonger :

Bibliographie liée à la série de Philippe Descola.

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