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Traveling Wodaabe. Photographed 29 June 1997 in Niger.
Épisode 6 :

Quelques leçons de l’imbrication spatiale

59 min
À retrouver dans l'émission

Quels sont les rapports discrets des Wodaabe avec une société de pasteurs et de zébus parallèle à celle des humains? Que pouvons-nous apprendre des nomades Bassari et de leurs relations avec les groupes sédentaires dans les zones plus densément peuplées de l’Iran?

Traveling Wodaabe. Photographed 29 June 1997 in Niger.
Traveling Wodaabe. Photographed 29 June 1997 in Niger. Crédits : Wikicommons/Dan Lundberg

Philippe Descola, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Anthropologie de la nature, s’est engagé dans une entreprise de "reconceptualisation critique de sa discipline", dans le cadre de sa série pluriannuelle, intitulée « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité ». Il réinterroge dans ce cadre les modalités et les institutions du vivre ensemble dans les collectifs non modernes.

Nous suivons depuis la semaine dernière ce qu’il appelle les collectifs humains et non humains mobiles et encastrés, ces groupes qui n’ont "pas de territoire propre". "Ils sont insérés dans l’espace d’autres collectifs dont ils dépendent partiellement", "non seulement pour l’usage de la terre, mais aussi, dans certains cas, pour l’accès à des puissances non humaines conditionnant cet usage".

Dans la frange sahélienne, Philipe Descola explique :

"Pour les Wodaabe, l’encastrement des rapports à la terre en devient plus compliqué : non seulement il leur faut cohabiter une partie de l’année avec les Haoussa, leurs champs de mil, leurs marchés, leurs villages et leurs génies locaux, non seulement il leur faut partager des itinéraires et parfois des points d’eau avec les Touaregs, les Toubous et leurs troupeaux, mais il leur faut encore côtoyer des pasteurs non humains, puissants et irascibles, qui semblent beaucoup moins nomades qu’eux."

C’est la mobilité permanente des Wodaabe qui leur permet de gérer ces différents rapports.

Aujourd’hui l’anthropologue sort du présent de narration et met un coup de projecteur sur les évolutions plus récentes (exploitations minières, enjeux écologiques) qui contraignent et restreignent, voire menacent le nomadisme. Nous découvrons les "puits-boutiques".

Arrivant au terme de son analyse des collectifs mobiles et encastrés, il souligne "une des principales leçons de l’imbrication spatiale dans les usages de la terre" :

"la corésidence de collectifs différents est possible et même souhaitable, quand ils exploitent des ressources différentes au sein d’un même territoire sans se porter tort réciproquement, une situation qui résulte de l’existence dans une même région d’une diversité de niches écologiques exploitables par des techniques complémentaires."

Dans une interview donnée en 2014 aux Inrockuptibles, Philippe Descola, qui se donne pour projet de « désanthropocentriser les sciences sociales », souligne que :

"les non-humains sont partout et se rappellent aujourd’hui à notre bon souvenir ; l’urgence conceptuelle et politique est de concevoir des outils qui permettent de faire rentrer les non-humains au bercail, si je puis dire, et comprendre les formes collectives d’interaction qui permettent l’échange entre les humains et les non-humains. C’est d’autant plus important avec la crise écologique et climatique. On ne peut pas considérer qu’il y a d’un côté les activités humaines et une physique du climat de l’autre."

A partir de cette semaine, débute également une nouvelle analyse, celle des collectifs mono spécifiques à partir du monde animiste.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 30 mars 2016, pour le Cours de Philippe Descola, « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité », aujourd'hui « quelques leçons de l’imbrication spatiale »

Pour prolonger :

Bibliographie liée à la série de Philippe Descola.

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