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Un chamane youkaguir (1902) / Yukaghirs from Yakutia (1905)
Épisode 9 :

Les Yukaghir de la Kolyma et les Darhad"

58 min
À retrouver dans l'émission

Quelle est la territorialisation des esprits médiateurs des non-humains chez les Yukaghir de la Kolyma dans les collectifs animistes de Sibérie septentrionale? Et que se passe-t-il si on se déplace en Mongolie, du côté des Daur et des Doukha ?

Un chamane youkaguir (1902) / Yukaghirs from Yakutia (1905)
Un chamane youkaguir (1902) / Yukaghirs from Yakutia (1905) Crédits : Wikicommons

Philippe Descola, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Anthropologie de la nature, s’est engagé dans une entreprise de reconceptualisation de sa discipline, dans le cadre de sa série pluriannuelle, intitulée « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité ». Il réinterroge dans ce cadre les modalités et les institutions du vivre ensemble dans les collectifs non modernes.

Il examine en particulier aujourd’hui l’évolution dans le temps des collectifs non humains en régimes animistes dans le cadre des collectifs monospécifiques :

"les membres des collectifs animistes, explique l’anthropologue, se voient tous eux-mêmes comme des humains, quelles que soient par ailleurs leurs formes génériques, tandis que chacun de ces collectifs n’apparaît avec ses caractéristiques qu’aux yeux des autres collectifs".

Philippe Descola nous présente les Yukaghir, chasseurs, pêcheurs ou éleveurs de rennes, collectifs humains qui « sont très généralement nomades » et peu territorialisés, tandis que dans le nord de la Sibérie, les non-humains, les esprits du lieu (rivière, lac, montagne…), sont en revanche hautement territorialisés.

"Comme le montre la comparaison des rapports que les Yukaghir entretiennent avec les esprits à un siècle de distance, souligne Philippe Descola, les esprits des lieux ont peu à peu pris le pas sur les autres catégories d’esprit, devenant ainsi les principaux responsables des animaux sauvages avec lesquels les chasseurs doivent composer, au point de se convertir assez souvent en esprit auxiliaire des hommes lorsqu’ils chassent régulièrement dans les mêmes parages".

L’anthropologue note encore que :

"la tendance à la territorialisation des esprits s’accentue non seulement avec le temps, mais aussi à mesure que l’on descend depuis le nord de la Sibérie vers le sud et jusqu’à la Mongolie."

Il analyse notamment une « inflexion analogiste », notamment au Nord de la Mongolie chez le peuple Doukha.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 4 mai 2016, pour le Cours de Philippe Descola, « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité » aujourd’hui les Yukaghir et les Doukhas.

Pour prolonger :

Bibliographie liée à la série de Philippe Descola.

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