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 Lago Uru Uru Chipaya Auteur : Flickr by Viaje al corazón de Bolivia at
Épisode 8 :

Les Chipayas de Bolivie

59 min
À retrouver dans l'émission

Quel partage de territoire au sens strict réalisent les Chipayas de Bolivie et quel rôle joue la tour de leur église ? Comment des collectifs analogistes peuvent-ils fonctionner sans un point de vue intégrateur, sans un principe de totalisation incarnée dans un agent humain, comme l’Inca ?

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Lago Uru Uru Chipaya Auteur : Flickr by Viaje al corazón de Bolivia at Crédits : Flickr by Viaje al corazón de Bolivia/wikicommons

Philippe Descola, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Anthropologie de la nature, poursuit sa grande enquête sur les genres de rapports à la terre que les collectifs analogistes non modernes ont développés dans la cadre de sa série pluriannuelle, intitulée, « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité »

A la suite d’Alfred Metraux et de Nathan Wachtel, Philippe Descola nous introduit à la dure existence des habitants du village de Chipaya, collectif d’un petit millier de personnes vivant sur des terres dont il faut cycliquement laver le sel… Après l’ayllu de Macha et les ceques de Cuzco, c’est encore un de ces modèles andins originaux qu’il analyse. Ici la question se pose de la manière suivante :

"où se situe le principe de totalisation qui permet à ce collectif d’exister comme un tout et non comme la juxtaposition de segments d’humains et de non–humains ?" demande Philippe Descola.

À Chipaya comme à Cuzco, note l’anthropologue à l’issue de son analyse,

"c’est la centralité d’un site dans lequel des opérations de totalisation sont menées qui le met en situation d’ordonner une structure sociocosmique dont il devient le point déterminant. La tour de Chipaya et le Temple du Soleil sont l’un comme l’autre les foyers d’un réseau de coordonnées et d’emboîtements qui fait tenir ensemble les segments humains et non humains du collectif, de sorte que la totalité peut être représentée à partir d’un point de vue".

« L’existence d’un agent humain pour synthétiser les singularités dont le collectif est composé n’est donc pas indispensable pourvu que les rites de complémentarité qui se substituent à cet agent, et le site central qui définit sa position, continuent à jouer leur rôle de totalisation pour tous les éléments du collectif. »

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 22 mars 2017, pour le Cours de Philippe Descola, « Les usages de la terre. Cosmopolitiques de la territorialité », aujourd’hui, « les « Chipayas de Bolivie »

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