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La Vierge de la fête du rosaire - source, wikipedia
Épisode 3 :

Un Allemand à Venise

59 min
À retrouver dans l'émission

Quel est l’impact des gravures de Dürer au-delà des Alpes, en Italie ? s’interroge l’historien et critique d’art, Victor Stoichita. Quel est le motif de l’artiste en voyage ?

La Vierge de la fête du rosaire - source, wikipedia
La Vierge de la fête du rosaire - source, wikipedia Crédits : Albrecht Dürer

Au-delà de l'affaire des contrefaçons de gravures, que pouvons-nous savoir du 2ème séjour du peintre allemand Dürer à Venise ? Quelles ont été ses rencontres avec les peintres italiens et les marchands allemands installés en Italie ? Quels sont les personnages représentés sur le tableau "La Vierge de la fête du rosaire" ? 

L’historien et critique d’art d’origine roumaine, Victor Stoichita, est professeur invité au Collège de France, titulaire de la chaire européenne pour l’année 2017-2018. 

« Spécialiste  de la peinture de la Renaissance et du baroque, notamment en Italie et en Espagne, il s’est particulièrement intéressé à l’herméneutique des images et à leur fonction dans la tradition occidentale », dans une approche interdisciplinaire, chère à l’esprit du Collège de France,  comme cela est rappelé dans la présentation de son riche itinéraire.  Dans sa série intitulée l’Europe des Images il interroge ce que l’on peut « encore apprendre aujourd’hui, des voyages, réels ou virtuels, des artistes », comme Bellini hier, et Dürer en ouverture de série et encore aujourd’hui.

Dans un grand entretien donné en mars 2018, Victor Stoichita explique l’enjeu de sa série de cours  : 

"Moi, je m’occupe plutôt de ceci : comment le tissage se crée-t-il de l’apport des artistes en voyage ?  Ils transportent leurs idées, ils laissent des œuvres, ils rapportent  avec eux à leur retour d’autres idées. Cette création d’un tissu  européen des idées artistiques et des images est vraiment le point qui  m’a intéressé le plus." 

Aujourd’hui nous retrouvons le peintre allemand Albrecht Dürer et ses célèbres auto portraits et gravures, et un nouveau personnage de l’Europe des images : Giorgio Vasari. Le critique d’art rappelle dans ce même entretien :

« Le rapport centre-périphérie est inauguré dans l’époque classique par les  premiers grands écrits d’histoire de l’art, dont Giorgio Vasari qui est  un monument extraordinaire et qui a l’idée d’écrire une histoire de  l’art de la Renaissance, même si le mot n’existe pas dans son  vocabulaire. Or il le fait dans une optique tout à fait monocentrique.  Il était d’Arezzo, formé à Florence, mais peu importe, c’est à quelques  kilomètres. Il fait une histoire de l’art italien, centrée sur la Toscane, centrée sur Florence. Donc il y a cet emboîtement, ou à l’inverse des cercles de plus en plus grands : Florence, Toscane,  Italie. Au point qu’au moment où il écrit les vies des peintres vénitiens, on sent qu’il n’est pas à l’aise. Il a voyagé dans toute la péninsule, il est peintre lui aussi, théoricien, voyageur, historien, il  prend des notes et ses descriptions sont parfois exceptionnelles. Mais  lorsqu’il arrive à Venise, là il a un problème, peut-être un différend ou un conflit  entre deux paradigmes : d’un côté l’art toscan florentin,  centré sur le dessin, le disegno ; de l’autre côté les Vénitiens avec « il colore  », la couleur. Ce sont deux mondes différents. En parlant de l’art  vénitien dans son grand livre il dit souvent : « Ça, j’ai pas compris ».  Il regarde Giorgione, « J’ai pas compris », Titien, « J’ai pas compris ». C’est une vraie mécompréhension. Il parle aussi des peintres qui arrivent en Italie en venant du Nord, comme les Flamands ou Dürer à  Venise. Il en parle avec une certaine distance : il est content que des  gens d’au-delà des Alpes viennent s’instruire en Italie, c’est normal,  mais on demeure dans une vision monocentrique. »

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 16 février 2018 pour le cours de Victor Stoichita, intitulé L’Europe des images, aujourd’hui «  Un Allemand à Venise »

Pour prolonger :

La leçon inaugurale de Victor Stoichita « Les Fileuses de Velázquez. Textes, textures, images » est publiée chez Fayard. 

Parmi ses publications :

L’instauration du Tableau. Métapeinture à l’aube des Temps Modernes (Paris, 1993, nouvelle édition Genève, 1999)

L'Œil mystique : peindre l'extase dans l'Espagne du Siècle d'or, Paris, Le Félin, 2011 

L'Image de L'Autre: Noirs, Juifs, Musulmans et "Gitans" dans l'art occidental des Temps modernes, Paris, 2014

L'Effet Sherlock Holmes. Variations du regard de Manet à Hitchcock, Paris, 2015

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