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Portrait de Bernhart von Reesen - source : wikipedia
Épisode 4 :

Quand Dürer voit la mer

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu’est-ce qui se tisse en marge du voyage d'Albrecht Dürer aux Pays-Bas ? s’interroge l’historien et critique d’art, Victor Stoichita.

Portrait de Bernhart von Reesen - source : wikipedia
Portrait de Bernhart von Reesen - source : wikipedia Crédits : Albrecht Dürer

Le grand peintre-graveur allemand tient son Journal : comment ce texte devient-il le témoignage d’un artiste en route ? Quelle est sa rencontre avec la mer, lui le peintre de la montagne et quelle est sa rencontre avec l’âge extrême et la mort ?  Comment ce Journal tisse-t-il une histoire d’une rencontre avec l’Autre et l’Ailleurs ? Comment ce voyage dans les Flandres nous dévoile-t-un Dürer plus intime, plus humain que ses célèbres autoportraits ? Comment révèle-t-il le « moi » de l’artiste d’une façon beaucoup plus directe et sans voile ? 

Spécialiste de la peinture de la Renaissance et du baroque, en Italie et en Espagne, l’historien et critique d’art, d’origine roumaine, Victor Stoichita, professeur invité au Collège de France, titulaire de la chaire européenne pour l’année 2017-2018, nous entraîne dans une grande enquête autour de l’Europe des images, de Dürer à Velázquez, en passant par Bellini.

L’historien interroge ce que l’on peut « encore apprendre aujourd’hui, des voyages, réels ou virtuels, des artistes ». 

Le critique aime croiser les extraits de journaux, de lettres des artistes en route, en déplacement, avec l’analyse des œuvres d’art, qu’il nous faut nous représenter ou imaginer à la radio, avant de les retrouver sur nos différents écrans – magie du XXIe siècle !

C’est tout un monde au-delà des mots et des images qui rejaillit où les difficultés matérielles côtoient la grandeur et la réussite symbolique de ces maîtres-artistes. Il sera question aujourd’hui d’une des œuvres les plus intimes de Dürer, et pourtant multipliée et distribuée partout en Europe, grâce à l’art de la gravure, l’illustre représentation de la Mélancolie. A côté de ces œuvres célèbres, mille détails quotidiens révèlent aussi la petite histoire d'Albrecht Dürer et les correspondances entre le Journal et l’album de dessins…

Dans un grand entretien donné en mars 2018, Victor Stoichita rappelait et je le cite : 

« J’ai étudié les peintres voyageurs principalement dans le cadre de la perception optique parce que leur expérience du voyage aboutit à une création visible, visuelle, figurative. On le voit le plus clairement dans l’œuvre, qui se déploie sous le signe du visible. Maintenant, on peut aussi déceler d’autres sens dans l’expérience du voyage. Mais on a alors besoin d’autres témoignages, oraux et écrits, dans les lettres, dans les journaux de voyage. Les voyageurs artistes ne racontent pas seulement ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont fait, mais aussi leurs sensations multiples dans l’univers nouveau qu’ils abordent. » 

« Moi, je m’occupe plutôt de ceci poursuit Victor Stoichita : comment le tissage se crée-t-il de l’apport des artistes en voyage ? Ils transportent leurs idées, ils laissent des œuvres, ils rapportent avec eux à leur retour d’autres idées. Cette création d’un tissu européen des idées artistiques et des images est vraiment le point qui m’a intéressé le plus. »

Alors quelles sont ces rencontres de Dürer avec l’Autre et l’Ailleurs ?  Quels sont les objets du Nouveau Monde qui l’ont frappé ? Quels visages, « personnages extrêmes » a-t-il repris dans ses portraits et dessins avec sensibilité et curiosité ? Quelles sont les influences flamandes dans la façon de rendre présent les visages ? Quel est l’unique mélange de public et de privé, de curiosité, d’expérience et de réflexions que le voyage de Dürer aux Pays-Bas révèle ? 

Melancholia - source : wikipedia
Melancholia - source : wikipedia Crédits : Albrecht Dürer

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 23 février 2018 pour le cours de Victor Stoichita, intitulé L’Europe des images, aujourd’hui «  Quand Dürer voit la mer »

Pour prolonger : 

La leçon inaugurale de Victor Stoichita « Les Fileuses de Velázquez. Textes, textures, images » est publiée chez Fayard. 

Parmi ses publications :

L’instauration du Tableau. Métapeinture à l’aube des Temps Modernes (Paris, 1993, nouvelle édition Genève, 1999)

L'Œil mystique : peindre l'extase dans l'Espagne du Siècle d'or, Paris, Le Félin, 2011 

L'Image de L'Autre: Noirs, Juifs, Musulmans et "Gitans" dans l'art occidental des Temps modernes, Paris, 2014

L'Effet Sherlock Holmes. Variations du regard de Manet à Hitchcock, Paris, 2015

Intervenants
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Avec la collaboration de
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