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Histoire de Nadir Shah, par James Fraser
Épisode 4 :

L'Inde et l'Europe, le collectionneur, James Fraser par Sanjay Subrahmanyam

59 min
À retrouver dans l'émission

Que peut nous apprendre un collectionneur Ecossais qui « a su vraiment entrer dans la vie indienne » dans la 1re moitié du XVIIIe siècle ?

Histoire de Nadir Shah, par James Fraser
Histoire de Nadir Shah, par James Fraser Crédits : Collection / Université de Michigan

Nous restons en compagnie d’un collectionneur-voyageur, « personnage curieux et assez extraordinaire » nous fait remarquer Sanjay Subrahmanyam, dans le cadre de son cours de cette année, « L'Europe et l'Inde : Collections, représentations, projections, XVIᵉ-XVIIIᵉ siècles ».

Nous voici donc sur les traces du jeune écossais, James Fraser qui gagne l’Inde à 16-17 ans pour un premier séjour de 10 ans, − où, fait remarquable et atypique, il fait son apprentissage de l’Inde par le « biais de son insertion dans le milieux savants et soufis » de Bombay et du port très cosmopolite de Surat, aux croisements de plusieurs cultures et religions. Il apprend de ses maîtres locaux, le parsi et le sanscrit. Il fera aussi, une fois marié, un 2e séjour plus agité en Inde, mais dont il revient enrichi. S’il est connu pour son Histoire de Nadir Shah, en 1742, c’est sa belle collection de manuscrits indo-persans qui intéresse tout particulièrement Sanjay Subrahmanyam.

L’historien aux semelles de vent, qui a enseigné à l’EHESS et à Oxford et qui se partage depuis 2013, entre le Collège de France où il est invité et l’université de Californie, nous installe d’abord dans le décor Ecossais de la fin tragique de James Fraser, avant de nous décrire le port de Surat, où le gratin des voyageurs occidentaux, côtoient renégats ottomans et marchands indo-persans, dans cette ville plutôt autonome de l’empire moghol.

Dans son ouvrage, Leçons indiennes, où il revient sur son itinéraire, Sanjay Subrahmanyam, rappelle que dès sa thèse en histoire économique, il a voulu « jouer sur des niveaux différents » :

« Dans le livre issue de ma thèse, The Political Economy of Commerce, j'utilise déjà des vignettes plus ou moins biographiques qui me permettent d'expliquer ce qu'est un certain type de capitalisme commercial en Inde, à l'époque moderne, à partir d'exemples très précis de carrière. » 

Dès cette époque, il diversifie les sources et les points de vue, s’appuyant sur sa curiosité et son aisance à changer de langues et de cultures. Aux Inrockuptibles, il expliquait en 2015 :

« Je suis tamoul d’origine, mais j’ai grandi en Inde du Nord. Quand j’avais 6 ans, je pratiquais déjà trois langues assez différentes, le tamoul, l’anglais, l’hindi : cela facilite les choses. Puis, dans un contexte de recherche, sont venus le portugais, l’italien, le néerlandais, etc. J’ai appris le français aux Etats-Unis, seulement après ma thèse. »

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France pour le cours de Sanjay Subrahmanyam, sur Les représentations de l'Europe et de l'Inde à l’époque moderne, le 30 mai 2016, dans le cadre de la chaire d’Histoire globale de la première modernité.

Intervenants
  • Professeur à l'université de Californie à Los Angeles, professeur au Collège de France, Chaire Histoire globale de la première modernité.
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