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Empreinte de sceau-cylindre : Khashkhamer, gouverneur d'Ishkun-Sîn, est présenté au roi Ur-Nammu divinisé assis sur son trône/c. 2400 av JC/British Museum). Photo: Mansell, extrait de Donald A. Mackenzie, Myths of Babylonia and Assyria (1915)
Épisode 8 :

Le devoir d’informer le roi

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu’est-ce "écrire avec un coeur complet " ? à l’époque paléo-babylonienne ? demande l’assyriologue Dominique Charpin. Qui lit le courrier ordinaire du roi envoyé par les fonctionnaires ? Qui est le "Tupsar sakkakkim ?"

Empreinte de sceau-cylindre : Khashkhamer, gouverneur d'Ishkun-Sîn, est présenté au roi Ur-Nammu divinisé assis sur son trône/c. 2400 av JC/British Museum). Photo: Mansell, extrait de Donald A. Mackenzie, Myths of Babylonia and Assyria (1915)
Empreinte de sceau-cylindre : Khashkhamer, gouverneur d'Ishkun-Sîn, est présenté au roi Ur-Nammu divinisé assis sur son trône/c. 2400 av JC/British Museum). Photo: Mansell, extrait de Donald A. Mackenzie, Myths of Babylonia and Assyria (1915) Crédits : Mansell/Wikicommons

Dominique Charpin, titulaire de la chaire Civilisation mésopotamienne, épigraphiste de terrain, jadis à Mari en Syrie et à Larsa en Irak, et depuis 2015 sur le site d’Ur, avec la mission américaine qui a repris les fouilles, achève, aujourd’hui, la série, "Lire et écrire en Mésopotamie à l'époque paléo-babylonienne : la correspondance". Il nous a entraîné depuis la semaine passée dans une grande enquête autour des processus de rédaction, d’acheminement et de lecture des lettres diplomatiques, privées ou à usage commercial, différentes missives, citées avec saveur et passion, rédigées entre 2.000 et 16000 avant notre ère.

Co-éditeur des archives royales de Mari, Dominique charpin a mis à l’honneur, dès l’ouverture de cette série, les milliers de tablettes d’argiles trouvées dans ce palais syrien et notamment cette correspondance, que l’archéologue André Parrot a pu qualifier de « Quai Orsay au bord de l’Euphrate ». Si l’épigraphiste marque son attachement à ce fonds prestigieux où se distingue le dernier roi, le fameux Zimri-Lim, face à Hammurabi de Babylone, il nous fait entendre aussi la voix des royaumes voisins, nous découvrons les lettres de Samsî-Addu, roi d'Ekallatum.

Comment les lettres étaient-elles lues et archivées ? C’est toute une organisation qui se fait jour avec les coffres aux lettres, mais aussi les coffres portatifs quand le roi est en voyage, sa correspondance le suivant, Nous voici face à l’exigence du message écrit ou au contraire strictement oral quand se fait jour la peur de l’interception, nous assistons à la circulation des lettres, nous entrons dans les interrogations des destinataires, comment savoir si un message est vrai quand il est seulement dit ? Dominique Charpin au fil des extraits nous montre comment le devoir d’informer le roi est central. Au plus près des mots et des formules qu’il analyse, il fait émerger et l’autocensure et la liberté de ton des locuteurs, Il questionne le risque des fausses nouvelles, les clauses de secret dans les traités…

Mais avant d’aborder ces ultimes questions, il nous présente, le secrétaire du roi, le scribe du secret, le Tupsar sakkakkim !

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 21 juin 2017, pour le cours de Dominique Charpin, "Lire et écrire en Mésopotamie à l'époque paléo-babylonienne : la correspondance" « Le devoir d’informer le roi »

Bibliographie

La vie méconnue des temples mésopotamiens

La vie méconnue des temples mésopotamiensLes Belles Lettres / Le Collège de France , 2017

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