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Emmanuel Kant / Gravure représentant l’Académie Des Sciences, 1698.
Épisode 7 :

Pourquoi avons-nous besoin des Lumières ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Quel a été la mise en place d’un « cycle civique et vertueux de la science et de la raison ? Quel a été le rôle d’un espace civique des sciences ? Comment l’électrothérapeute, Marat, peut-il être un « challenger de l’optique newtonienne ?

Emmanuel Kant / Gravure représentant l’Académie Des Sciences, 1698.
Emmanuel Kant / Gravure représentant l’Académie Des Sciences, 1698. Crédits : nach Veit Hans Schnorr / Princeton.edu via Wiki Commons

Pourquoi la « ville » est-elle « le lieu des Lumières ? » Quelles ont été les manifestations spectaculaires des valeurs de la science ?

Nous achevons aujourd’hui notre questionnement de la « Lumière et des Lumières », dans le cadre du colloque du Collège de France, donné à l’occasion de l’année internationale de la Lumière, les 15 et 16 octobre 2015.

Daniel Roche, professeur honoraire au Collège de France, titulaire, entre 1999 et 2005 de la Chaire d'Histoire de la France des Lumières, clôt l’approche interdisciplinaire de la lumière par le rapport entre sciences et sociétés au XVIIIe siècle.

Dans le magazine L’ Histoire en mars 2006, Daniel Roche appelait à « Retenir trois idées de Kant » en 1784.

Tout d’abord, les Lumières sont une audace de la pensée, C’est l’injonction « ose penser par toi-même », en faveur d’une « émancipation de l’homme par la connaissance ». C’est oser critiquer la tradition, rappelle-t-il, la vision commune, l’orthodoxie, exercer une pensée critique dans tous les domaines de l’intellectualité, des idées, de l’univers philosophique et théologique. Deuxième idée de Kant : cette pensée critique ne débouche pas sur un corps de doctrine universel. Troisième idée : le travail pour éclairer l’humanité est toujours à recommencer.

Les Lumières sont un processus, note encore l’historien, une pratique que chaque génération doit apprendre et utiliser pour construire la société civile. Au XXIe siècle, comme au XVIIIe siècle, on se trouve devant la même question : que retenir de cet ensemble de valeurs, et qu’en faire ?

Daniel Roche y voit une boîte à outils démocratique.

“Ce qui s’y joue, affirme-t-il est le contraire de la fabrication machinale d’une opinion unifiée. L’espace public des Lumières est traversé de conflits, de débats. En ce sens, il demeure notre école pour une démocratie active.”

Dans sa contribution, Daniel Roche souligne comment :

« le nouvel univers de la science éclairée » exige « une crédibilité vérifiée des connaissances ». Il rappelle la « crise d’identité que traverse le monde savant à la fin de l’Ancien Régime » et la mettant face à notre crise intellectuelle et politique, il nous invite à réfléchir : « la force des Lumières est de mettre en évidence, comment le monde scientifique arrive à venir à bout de ces divergences par des processus de valorisation, comment le public a pu adhérer au fonctionnement des sciences, comment se dessine l’alliance de la science et de la société. »

Dans son interview au magazine l’Histoire, il notait aussi, non sans malice,

"C’est aussi l’époque où la lumière entre dans les maisons. Et ce n’est pas être matérialiste à l’excès que de dire que l’accès à la lecture en a profité…"

Enfin, c’est John Scheid, professeur honoraire au Collège de France, titulaire, entre 2001 et 2016, de la chaire « Religion, institutions et société de la Rome antique » qui conclut le colloque, comme responsable du Comité scientifique.

Et tout de suite, nous gagnons le grand amphithéâtre du Collège de France le 16 octobre 2015, pour retrouver Daniel Roche, « Lumières, sociétés, sciences au XVIIIe siècle », suivie en seconde partie par John Scheid pour la conclusion du Colloque Lumière, Lumières, le 16 octobre 2015 au Collège de France.

Lumière, Lumières
Lumière, Lumières Crédits : Odile Jacob / Collège de France
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