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Carte  des territoires circulatoires euro-méditerranéens, Colloque du Collège de France "Migrations..." et "Hukou", livret domestique  (Chine)
Épisode 6 :

Mobilités transnationales et migrations en chine, avec .Alain Tarrius et Isabelle Thireau

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu’est-ce qu’un "transmigrant" ? Comment ce nomade, au "long-court", se réapproprie-t-il des routes historiques ? Que nous apprend-il de la mondialisation ? Et du côté de la Chine, où la mobilité se fait ville à ville, que pouvons-nous apprendre sur celui qui migre et de la société qui le reçoit ?

Carte  des territoires circulatoires euro-méditerranéens, Colloque du Collège de France "Migrations..." et "Hukou", livret domestique  (Chine)
Carte des territoires circulatoires euro-méditerranéens, Colloque du Collège de France "Migrations..." et "Hukou", livret domestique (Chine) Crédits : Université d'Aix/CDF/Atlaslin, wikicommons

Rediffusion du 13/12/2016

Qu’est ce que le "paradigme de la mobilité" ? Qu’est ce qu’une "population flottante" en Chine ? Qu’est-ce qui se joue dans la méfiance de la société chinoise face aux migrations ?

Nous poursuivons ce matin, le questionnement et l’histoire des contacts entre migrants et sociétés avec le colloque interdisciplinaire du Collège de France « Migrations, réfugiés, exil », que nous diffusons depuis la semaine passée.

Alain Tarrius, Professeur de sociologie à l’ Université de Toulouse Jean Jaurès, en ouverture de sa contribution, intitulée, « Les routes européennes des nouvelles migrations », rappelle que les années 1980 , années « de claire définition des migrations, sont aussi celles de la mise en évidence de l’hybridation des deux formes dominantes, particulièrement par la spécificité des "mobilisés coloniaux" et de leurs enfants les "beurs".

Il nous inscrit au cœur de passionnantes enquêtes où intervient le « paradigme de mobilité » pour répondre au « vaste dispositif souterrain, autoproduit par les immigrants coloniaux ». Dans une interview donnée à Libération en 2015, il explique :

« Au Maroc, comme dans tout le Maghreb, le nomade existe, c’est un statut social, une tradition et une culture : les nomades connaissent très bien les routes, ils savent quand il faut partir et par où il faut passer. Ils font aussi voyager de l’information d’une étape à l’autre. Ils ne sont ni émigrés ni immigrés. Dans les années 1995-2000, j’ai pu constater que ces réseaux étaient pleins de vie et d’échanges, et qu’ils constituaient, sous l’effet de la mondialisation, de nouveaux territoires de circulation. Des chercheurs américains ont avancé la notion de transmigrants et ont décrit des migrations circulaires. ».

Et c’est bien des territoires circulatoires euro-méditerranéens et ces « transmigrants » qui vont émerger devant nous ce matin. Le sociologue explique encore :

« Ces routes sont des circulations entre pays pauvres et banlieues pauvres des pays riches : c’est du poor to poor. Ils parcourent ces trajets avec des visas touristiques, invisibles parmi les dizaines de millions de touristes. Certains quittent en route leurs petits groupes, pour une compagne bulgare ou serbe. Ceux qui se fixent ainsi serviront de relais aux nomades suivants et deviennent des «immigrés». La mondialisation, poursuit Alain Tarrius, réorganise de nouvelles centralités cosmopolites, qui ne sont plus celles de l’Etat-nation. Ainsi, les familles immigrées, marocaines ou turques, deviennent en Europe des familles transnationales réunies par de multiples mobilités qui peuvent suggérer les contours de peuples sans nation. »

En seconde partie, la sociologue, Isabelle Thireau directrice de recherche, rattachée au Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine (EHESS/CNRS), nous invite à une approche historique et un peu « excentrée », sur « Les migrations à l'ombre de la période maoïste », où elle s’attache à « décrire la situation de méfiance généralisée qui prévaut aujourd’hui en Chine, et le soupçon qui frappe aussi bien le proche que l’étranger ».

Elle montre comment :

« Les nouvelles formes de mobilité qui ont émergé depuis le début des années 1980, en dissociant domiciliation officielle et domiciliation réelle, ont provoqué la coexistence de citoyens jouissant de droits très inégaux en fonction du lieu d’enregistrement de leur « hukou » (le fameux livret domestique qui distingue individu agricole et non agricole à partir de 1958).

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France avec en première partie : Alain Tarrius, « Les routes européennes des nouvelles migrations : des mobilisations internationales aux mobilités transnationales », le 13 octobre 2016, suivie, en seconde partie de Isabelle Thireau, « Les migrations à l'ombre de la période maoïste. Crise de la réalité sociale et méfiance publique en Chine contemporaine », le 14 octobre 2016

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