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Michel Agier et Patrick Boucheron pour la fin et la conclusion du colloque de rentré du Collège de France : Migrations, réfugiés, exil le 16 octobre 2016
Épisode 9 :

L'hospitalité et Faire droit à la mobilité des hommes, avec Michel Agier et Patrick Boucheron

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment la crise des migrants met-elle en défaut notre capacité de représentation ? Comment définir la cause des migrants ? Pourquoi la crainte, la haine du métissage ? Comment faire droit à la mobilité ? Que reste-t-il de l’hospitalité ?

Michel Agier et Patrick Boucheron pour la fin et la conclusion du colloque de rentré du Collège de France : Migrations, réfugiés, exil le 16 octobre 2016
Michel Agier et Patrick Boucheron pour la fin et la conclusion du colloque de rentré du Collège de France : Migrations, réfugiés, exil le 16 octobre 2016 Crédits : Collège de France

Rediffusion du 16 décembre 2016

Nous achevons aujourd’hui notre questionnement des mouvements de population, volontaires ou contraints, des effets de contact entre sociétés et migrants, dans le cadre du colloque du Collège de France « Migrations, réfugiés, Exil », les 13 et 14 octobre 2016.

Michel Agier, anthropologue à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et Directeur d’Études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), propose, en première partie, une "réflexion renouvelée de la question de l’hospitalité", il s’interroge sur ses origines, ses traces et ses retours possibles.

« Évidence sociale », nous dit-il, l’hospitalité privée a-t-elle toute latitude pour se déployer ? Quelle part aujourd’hui avec la désobéissance civile, quand l’hospitalité au niveau public est soumise aux contraintes de l’accueil contrôlé, voire des violences de l’Etat-Nation ? Ne devient-elle plus qu’une trace ? Dès lors, pourquoi les villes-refuges ? Et aux abords des villes, que peuvent nous apprendre les camps de réfugiés ?

Michel Agier souligne dans sa présentation :

« Le moment présent peut aussi se lire, au-delà des peurs et des indignations, comme le début d’un nouvel ajustement entre mobilité et (multi-)localité. Si l’on veut prendre la mesure du monde en même temps que celle de chaque lieu, nous devrons repenser l’hospitalité, en ré-imaginer aujourd’hui les moyens matériels et sociaux, dans un contexte où l’on ne peut empêcher quiconque de vouloir se déplacer. »

L’historien, Patrick Boucheron, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle, qui a dirigé le comité scientifique de ce grand colloque, rejoint l’anthropologue, en seconde partie de cette heure quand il explique dans sa conclusion qu’il faut : « Faire droit à la mobilité des hommes. »

Il rappelle :

« Voici ce dont il était question, et voici pourquoi notre réflexion s’est orientée des migrations à l’exil en passant par la crise des réfugiés. La situation d’exil mérite d’être traitée avec égards, avec attention, j’allais dire avec soin ».

Faisant référence au livre « puissant et dérangeant » de Hans Blumenberg, Naufrage avec spectateur, pour évoquer la condition des modernes, face à un monde pas fiable, mais lisible, il note :

« Nous regardons le naufrage, nous voyons les autres se noyer, et nous le supportons, non parce que nous prenons plaisir au malheur d’autrui, mais parce que nous sommes nous-mêmes des rescapés. ». Qu’est-ce qui nous réunit demande-t-il pour ce colloque ? : « Un appel au calme et à l’ordre du réel — c’est-à-dire un effort, que l’on peut dire scientifique, de description réaliste. » face à ce qu’on appelle « la crise des migrants ».

Il appelle à « redresser les mots pour faire front à la « Politique de l’inimitié ». C’est le titre d’un livre implacable nous dit-il d’Achille Mmembe. Il en cite un passage très fort dont voici quelques lignes en préambule :

« Nous vivons un « arrangement avec le monde » qui « consiste à tenir pour rien tout ce qui n’est pas soi-même. Ce procès à une généalogie et un nom : la course vers la séparation et la déliaison. Celle-ci se déroule sur fond d’angoisse et d’anéantissement. Nombreux sont en effet ceux qui, aujourd’hui, sont frappés d’effroi. Ils craignent d’avoir été envahis et d’être sur le point de disparaître. »

Sa conclusion réunit les différents points de réflexion de ce colloque qui sont autant de contrepoints aux préjugés, méconnaissances, craintes face à ce monde mobile, nomade ou exilé de force et autant de pistes pour accompagner les mutations du monde et des sociétés. En fin de compte, l’enjeu, c’est de traiter avec «calme » et « justesse », le « réel de l’humanité », nous invite Patrick Boucheron.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France avec en première partie : Michel Agier, L'hospitalité aujourd'hui. Une question anthropologique, urbaine et politique, le 14 octobre 2016, et en seconde partie l’historien Patrick Boucheron, Débat et conclusion générale du Colloque Migrations, réfugiés exil »

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Intervenants
  • Historien, professeur au Collège de France, titulaire de la Chaire d’histoire des pouvoirs en Europe occidentale (XIIIe-XVIe siècle) et producteur de l'émission "Matières à penser" sur France Culture
  • anthropologue, directeur d'études à l'Ecole des Hautes études en Sciences sociales (EHESS) et chercheur à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD)
L'équipe
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