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 Réplique de la molaire de Denisova. Musée des Sciences naturelles à Bruxelles, Belgique.
Épisode 3 :

Jean-Jacques Hublin : Dénisova, le groupe frère asiatique

59 min
À retrouver dans l'émission

Qui sont les Dénisoviens ? Ce groupe frère asiatique, dans la famille des espèces humaines, résulte-t-il d’une divergence par rapport aux Néandertaliens eurasiatiques ?

 Réplique de la molaire de Denisova. Musée des Sciences naturelles à Bruxelles, Belgique.
Réplique de la molaire de Denisova. Musée des Sciences naturelles à Bruxelles, Belgique. Crédits : Thilo Parg via Wiki Commons

Aujourd’hui, Jean-Jacques Hublin, professeur invité au Collège de France où il est titulaire de la chaire, Paléoanthropologie, nous entraîne au Sud de la Sibérie, dans l’Altaï dans la grotte de Denisova où 2 molaires, une phalange d’enfant, vieilles de 80.000-50.000 ans grâce à l’ADN bien conservé et aux apports de la recherche génétique ont permis d’identifier un nouveau groupe humain et mystérieux.

Le chercheur nous montrera que

les Dénisoviens sont « définis génétiquement, mais qu’on ne sait pratiquement rien de leur anatomie, à part qu’ils ont des dents un peu bizarres ». « On ne sait pas trop à quoi ils ressemblent ».

Ce groupe soulève bien des questions. Ainsi comment se fait-il que l’on trouve de l’ADN sans doute hérité des Dénisoviens chez les Mélanésiens (en Papouasie et Nouvelle Guinée) et jusqu’en Australie ? Pourquoi n’a-t-on pas de Dénisoviens ailleurs en Asie ?

Le paléoanthropologue nous présente les travaux sur le génome de ses collègues du département d’évolution de l’homme de l’Institut Max Planck de Leipzig en Allemagne, département qu’il dirige. Interrogé sur cette passionnante découverte, Jean-Jacques Hublin salue pour le Figaro en 2012 :

« une performance technique exceptionnelle, aussi bien par la qualité du séquençage que par la quantité infime de matériel prélevé sur le fossile ». Les chercheurs « n'ont utilisé que 40 milligrammes prélevés sur le fossile, précise-t-il! Quand on a commencé à travailler sur de l'ADN très ancien, beaucoup ont eu peur que cela détruise les fossiles. Les technologies actuelles éloignent ce risque de plus en plus.»

Dans le même article, soulignant les avancées, il note encore :

«On peut voir grâce à ces travaux que les gènes les plus affectés par l'évolution de la lignée humaine moderne sont directement liés au développement du cerveau et à la mise en place de connexions cérébrales de plus en plus élaborées. Des parties du génome qui régulent l'expression de ces gènes montrent elles aussi des particularités uniques.»

Jean-Jacques Hublin met en valeur comment « la paléogénétique a complètement révolutionné la façon d’étudier ce type de matériel ». « Il est fascinant, dit-il, d’avoir identifié ce groupe fossile avec un degré de résolution extraordinaire ».

Et fidèle à l’esprit du Collège de France, c’est bien une recherche en marche qu’il nous présente : Comment dès lors aller au-delà de la grotte de Dénisova ? Avons-nous dans nos tiroirs des Denisoviens sans le savoir ?

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, pour le cours de Jean-Jacques Hublin, intitulé « Dénisova, le groupe frère asiatique, » le 27 octobre 2015.

Intervenants
  • Paléoanthropologue, professeur au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig, titulaire de la chaire Paléoanthropologie au Collège de France.
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