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Slum inhabited by Nepalis. Paro, Bhutan, oct. 2006
Épisode 1 :

Développement et pauvreté dans le monde : faits économiques contemporains

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu'est-ce que le développement? S'il est la "réduction de la pauvreté", quelle est la définition de la pauvreté? Que représente le PIB par habitant? Quel rôle joue-t-il et celui de la pauvreté monétaire? Comment l'espérance de vie et l'éducation entrent en jeu? Pourquoi l'économie du bonheur?

Slum inhabited by Nepalis. Paro, Bhutan, oct. 2006
Slum inhabited by Nepalis. Paro, Bhutan, oct. 2006 Crédits : Wikicommons/ sprklg

Rediffusion de l'Eloge du Savoir de Christine Goémé du 23.10.2014.

Après se leçon inaugurale, François Bourguignon, titulaire de la Chaire Savoirs contre pauvreté (2013-2014), interroge les concepts et l'histoire du développement, sa "multidimensionnalité". Il revient sur l'apport et les limites des notions de PIB, certes encore essentiel, de la pauvreté monétaire et il questionne les aspects non monétaires du bien-être comme la santé et l'éducation, pour son cours du 28 avril 2014 : "Développement et pauvreté dans le monde : faits économiques contemporains".

Quelle est la distribution des revenus dans la population ? Quels sont les aspects non‐monétaires du bien‐être (santé, sécurité, environnement)? Comment entrent en considération les "Capabilités"?

A. Sen, "vivre la vie que l'on désire", "développement = liberté"

Quelle est la spécificité des expériences régionales et nationales, en même temps que la forte influence de forces communes? demande encore l'économiste.

François Bourguignon a été directeur de l'École d'économie de Paris, de 2007 à 2013, ainsi que directeur d'étude à l'École des hautes études en sciences sociales. De 2003 à 2007, il a été l'économiste en chef et le premier vice‐président de la Banque mondiale à Washington.

Pour prolonger :

Le plan, les citations et les tableaux, les supports du cours de François Bourguignon.

Présentation de la série pour le Collège de France :

"Les Objectifs du millénaire, objectifs de développement arrêtés par les Nations Unies au tournant du millénaire, devaient, entre autres, diviser la pauvreté monétaire par 2, la mortalité infantile par 3 et aboutir à la scolarisation primaire universelle dans tous les pays. À un an de l'échéance, les résultats sont mitigés. La pauvreté aura bien été réduite de moitié dans le monde grâce aux performances exceptionnelles de quelques très grands pays, notamment la Chine et l'Inde. Mais de nombreux pays sont très loin du compte, surtout en Afrique. Il en va de même de la mortalité infantile. Quant à l'éducation, si la plupart des enfants en âge primaire sont aujourd'hui inscrits à l'école, on découvre qu'ils n'ont souvent qu'une maîtrise limitée de la lecture et du calcul. La grande accélération que la communauté mondiale avait voulu induire dans le processus de développement et de réduction de la pauvreté apparaît donc comme un demi-succès.

Comment se fait-il que malgré les Objectifs du millénaire, malgré plusieurs décennies d'effort, malgré une conjoncture récente plutôt favorable, le bilan du développement économique mondial reste au total aussi modeste ? Que l'écart entre les pays les plus riches et les plus pauvres n'ait pas commencé de se combler ? Que seule une poignée de pays aient pu amorcer leur décollage économique, laissant encore le tiers de la population mondiale dans la misère ? Telles sont les questions auxquelles veut répondre ce cours.

La réponse est à trouver de plusieurs côtés et à plusieurs niveaux : dans les conditions initiales défavorables de certains pays, des politiques nationales et internationales souvent inadéquates – pays pauvres, émergents ou riches confondus, dans certains aspects de la mondialisation, dans l'inefficacité patente de l'aide publique au développement et, bien sûr, dans la gouvernance déficiente de nombreux pays en développement.

Quelles politiques pourrait-on mettre en œuvre pour neutraliser ces facteurs de blocage du développement ? Ceux-ci ne relèvent-ils pas, finalement, des décisions aux mains des élites des pays en développement, des firmes multinationales et des gouvernements des pays développés, au total peu favorables aux plus pauvres ? Si c'est le cas, ne vaut-il pas mieux renoncer à vouloir influencer les politiques macroéconomiques et structurelles de développement et, au contraire, favoriser la mise en œuvre d'interventions efficaces au niveau des populations pauvres elles-mêmes ? C'est, semble-t-il, le choix que privilégient aujourd'hui nombre d'acteurs au sein de la communauté internationale du développement et nombre de chercheurs académiques. C'est sur le bien-fondé d'un tel choix que l'on s'interrogera tout au long de ce cours et du séminaire international qui le conclura."

Intervenants
  • économiste, professeur émérite à l’Ecole d’économie de Paris, ancien vice-président de la banque mondiale.
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