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5ème siècle avant JC Frise orientale en marbre pentélique du Parthénon par Phidias. Relief représentant Poséidon assis, Apollon et Artémis, 447-432 av. JC
Épisode 6 :

Dieux grecs ou Dieux des Grecs ? Partie 2

59 min
À retrouver dans l'émission

Les 12 dieux grecs, jadis identifiés par les Égyptiens, selon la relation d’Hérodote, forment-ils une sorte de panthéon condensé ? Un dieu conserve-t-il, ou non, une unité derrière la multiplicité des cultes qu’il reçoit ?S’interroge Vinciane Pirenne-Delforge.

5ème siècle avant JC Frise orientale en marbre pentélique du Parthénon par Phidias. Relief représentant Poséidon assis, Apollon et Artémis, 447-432 av. JC
5ème siècle avant JC Frise orientale en marbre pentélique du Parthénon par Phidias. Relief représentant Poséidon assis, Apollon et Artémis, 447-432 av. JC Crédits : Dea / G. Nimatallah / De Agostini - Getty

Titulaire de la chaire « Religion, histoire et société dans le monde grec antique », Vinciane Pirenne Delforge, spécialiste d’Aphrodite et d’Héra et auteure de l’ouvrage remarqué Retour à la source. Pausanias et la religion grecque, nous entraîne dans une grande enquête  autour du polythéisme grec, sous la forme d’un "mode d’emploi", comme l’indique l’intitulé de sa première série de cours au Collège de France.  

Aujourd’hui, elle demande : 

"Qu’est-ce qui entre en jeu avec le surnom des dieux grecs, - que l’on appelle des épiclèses, et quelle est la relation entre ces surnoms et le nom du dieu présent dans l’imaginaire partagé par les Grecs ?"

Elle a consacré spécifiquement deux cours à Hérodote, "l'historien des religions et du polythéisme", qui lui sert de fil rouge tout au long de sa série. Elle y rappelle notamment que : 

Le terme ounoma/ounomata est moins le ‘nom’ des dieux que leur ‘dénomination’, c’est-à-dire le fait d’identifier, en leur attribuant un nom spécifique, des profils divins au sein d’un ensemble de dieux jadis indifférenciés.

Elle souligne aussi que la grande ancienneté qu’Hérodote attribue aux Égyptiens les institue en généreux pourvoyeurs de ‘dénominations’ divines, tandis que les poètes Homère et Hésiode ont pris en charge la complexification de la représentation des dieux propre aux Grecs.

Dès lors conclut l’historienne :

La religion en général et la religion grecque en particulier telles que les conçoit l’enquêteur, c’est à dire Hérodote, sont bien des institutions humaines, culturellement déterminées.

Le cours précédent a ouvert l’interrogation au sujet des Dieux grecs et/ou des Dieux des Grecs, il s’agit cette fois, nous dit Vinciane Pirenne Delforge, 

de comprendre la portée de ce groupement générique en relation avec l’identité possible des dieux singuliers qui le composent. Considérant le cas parallèle des Douze dieux, on voit qu’il peut s’agir d’une entité cultuelle destinataire de l’hommage des hommes. Mais le groupe est également susceptible, dans des contextes déterminés, de se déployer en dieux distincts. 

Alors quel lien peut être établi entre le nom d’un dieu partagé et ses déclinaisons cultuelles ? Comment le culte à des entités collectives, telles les Heures ou les Muses chez Hésiode, peut-il être décliné et attribué à une figure singulière, Dikè, Eiriné ou Clio, Euterpe, Thalie…? Pourquoi Xénophon peut-il ainsi s’interroger :  

S’il existe une seule Aphrodite ou bien deux, Ourania et Pandèmos, je ne sais, car Zeus, qui paraît toujours le même, possède de nombreux noms. 

Réponse dans l’heure en gagnant tout de suite l’amphithéâtre du Collège de France, le 8 mars 2018, pour le cours de Vinciane Pirenne-Delforge.

Intervenants
  • Historienne, professeur au Collège de France. Elle est titulaire de la Chaire Religion, Histoire et Société dans le Monde Grec Antique.
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