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Un réfugié syrien a dessiné sur un drap son parcours depuis Raqqa qu'il désigne jusqu'au camp d'Idomeni, petit village grec, proche de la frontière avec la Macédoine, au printemps 2016
Épisode 1 :

Introduction

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment se répartissent les migrations dans le monde ? Comment les migrations de proximité priment-elles, notamment dans l’Afrique subsaharienne ? Comment a évolué notre représentation des flux migratoires ? s’interroge le démographe François Héran.

Un réfugié syrien a dessiné sur un drap son parcours depuis Raqqa qu'il désigne jusqu'au camp d'Idomeni, petit village grec, proche de la frontière avec la Macédoine, au printemps 2016
Un réfugié syrien a dessiné sur un drap son parcours depuis Raqqa qu'il désigne jusqu'au camp d'Idomeni, petit village grec, proche de la frontière avec la Macédoine, au printemps 2016 Crédits : Matthieu Chazal

Qu’est-ce que la migration de refuge ? Quelles sont les tendances de la fécondité dans le monde ?

François Héran, titulaire de la chaire « Migrations et sociétés » au Collège de France, propose dans le cadre de son enseignement et de ses recherches de « rétablir les ordres de grandeur du phénomène migratoire », fait de société, souvent malmené et déformé dans les débats quotidiens. 

Dans la série de cours qu'il a donnés au début de l'année 2019, sous le titre "Pourquoi migrer ?", à quelques mois des élections européennes, il s'est donné comme programme de questionner et d'analyser les "facteurs déterminants des migrations". 

Dans sa leçon inaugurale et sa première série de cours donnés au Collège de France, en 2018 , il a présenté les paradoxes de l’étude démographique et désamorcé bien des idées reçues. Nous retrouvons aujourd'hui son approche rigoureuse, définitions et explications minutieuses des sources, pour déconstruire les fausses représentations et dépasser les clichés pour comprendre le phénomène migratoire.

Agrégé de philosophie, longtemps démographe - sociologue à l’INSEE et l'INED, François Héran se partage désormais entre le Collège de France et la direction de l’Institut Convergences Migrations. Dans une interview, donnée au journal du CNRS, en décembre 2018, il souligne le décalage qui existe "entre la perception que l’on peut avoir des mouvements migratoires et la réalité des chiffres". 

J’aimerais rappeler ici la définition de l’immigré retenue par l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ou encore la Banque mondiale, qui produisent ces recensements internationaux : les immigrés qu’un pays enregistre sur son sol à un moment donné sont '_les personnes nées étrangères à l’étranger, qui ont passé la frontière dans l’intention de s’installer dans le pays hôte pour une durée d’au moins un an_'. La seconde génération, née sur le sol du pays hôte, n’est pas elle-même immigrée selon cette définition. Les immigrés naturalisés, en revanche, restent des immigrés aux yeux des statisticiens.

Selon les derniers chiffres disponibles, on dénombre, aujourd’hui, près de 260 millions de migrants dans le monde. C’est 100 millions de plus qu’en 1990, mais il faut se souvenir que la population mondiale n’a cessé de croître sur cette période… En proportion, les immigrés représentaient 2,9 % de la population mondiale en 1990. Ils sont aujourd’hui 3,4 %, ce qui est peu. On peut majorer ce chiffre à 4 % pour tenir compte de la migration non déclarée. Cela veut dire que plus de 95 % de la population mondiale n’a pas bougé. On est donc loin du raz de marée décrit par certains.

Ces chiffres, François Héran les analyse et les met en perspective, aujourd'hui.

Dans la même interview, le démographe-sociologue explique : 

La fameuse phrase de Michel Rocard prononcée en 1989 selon laquelle « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » continue de sonner comme un slogan, mais elle ne décrit pas la réalité. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les populations des pays les plus pauvres, ceux où l’on gagne, en moyenne, moins de 1005 dollars par an et par personne, qui migrent le plus. Car pour migrer, il faut un minimum de moyens. Ce sont les pays aux revenus « moyens faibles » ou « moyens élevés », selon les catégories de la Banque mondiale, qui migrent le plus, soit entre eux, soit vers les pays aux revenus « élevés » affichant en moyenne 12 000 dollars de revenus annuels par personne. Au final, on a relativement peu de migration directe des pays les plus pauvres vers les pays les plus riches. La métaphore mécanique, qui voudrait que les flux de migrants s’écoulent des contrées pauvres vers les contrées riches, ou des espaces surpeuplés vers les espaces sous-peuplés, ne décrit aucunement la réalité.

François Héran rappelle que les bases de données ainsi que les travaux des sections "populations" des grandes institutions internationales, à commencer par l’ONU, produisent des projections, des "scénarios et non des prophéties". Alors que peut-on savoir des flux migratoires aujourd’hui ? Comment nos représentations se sont-elles modifiées grâce à de meilleurs outils et connaissances ?

Nous gagnons le Collège de France, le 10 janvier 2019, pour le cours de François Héran, aujourd’hui « Pourquoi migrer?  » 

Pour prolonger :

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François Héran a publié  Le temps des immigrés. Essai sur le destin de la population française, au Seuil en 2007,et plus récemment à La Découverte, en 2017, l’essai intitulé Avec l’immigration, Mesurer, débattre, agir.

Un grand merci au photographe Matthieu Chazal : la photo de Une de ce premier cours de F. Héran est extraite de sa série En suspens, sur La route des migrants dans la région méditerranéenne.

Intervenants
L'équipe
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Avec la collaboration de
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