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Ramirez Montes, 6 ans, sur les épaules de son père Gustavo, lors d'une marche pour appeler les législateurs à aider les immigrants illégaux à devenir citoyens le 10.06.2006 à Los Angeles, Californie (après 1 rejet du Sénat en faveur d'1 légalisation)
Épisode 8 :

Migration et capital social

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment le démographe Douglas Massey, qui a lu Pierre Bourdieu, met-il en oeuvre le capital social, dans le cadre de son observatoire de la migration mexicaine? S’interroge François Héran. Comment les Etats-Unis sont-ils les champions du regroupement familial ?

Ramirez Montes, 6 ans, sur les épaules de son père Gustavo, lors d'une marche pour appeler les législateurs à aider les immigrants illégaux à devenir citoyens le 10.06.2006 à Los Angeles, Californie (après 1 rejet du Sénat en faveur d'1 légalisation)
Ramirez Montes, 6 ans, sur les épaules de son père Gustavo, lors d'une marche pour appeler les législateurs à aider les immigrants illégaux à devenir citoyens le 10.06.2006 à Los Angeles, Californie (après 1 rejet du Sénat en faveur d'1 légalisation) Crédits : David McNew/Getty Images - Getty

Agrégé de philosophie, longtemps démographe--sociologue à l’INSEE et l'INED, François Héran titulaire de la chaire « Migrations et sociétés », se partage désormais entre le Collège de France et la direction de l’Institut Convergences Migrations. Dans le cadre de sa nouvelle série "Pourquoi migrer?", il propose d'interroger les facteurs déterminants des migrations. Depuis la semaine passée, il présente et propose une lecture critique des différentes théories de la migration, à partir de la synthèse du rapport Massey dans les années 1990. Douglas Massey, illustre démographe américain, a notamment mis en avant la notion, à succès, de capital social dans ses travaux sur les migrations?

François Héran s’interroge "Qu’est-ce que le capital social?"  

Sophie Ponthieux, dont l'ouvrage "Le capital social" (La Découverte, 2006) "fait référence", rappelle le démographe, explique dans son introduction :

"Depuis le milieu des années 1990, la notion de capital social a fait une percée remarquable dans la littérature académique : d’une poignée d’articles sociologiques dans la décennie 1980, on arrive une dizaine d’années plus tard à plusieurs centaines de documents par an, en sociologie, mais aussi en science politique et en économie. Incontestablement, c’est à partir des travaux du politologue Robert Putnam que le concept va connaître sa montée en puissance, particulièrement après la publication, en 1995, de son court essai, « Bowling alone : America’s declining social capital ». Putnam n’a pas inventé le capital social, mais il y a clairement un « avant » et un « après » « Bowling alone ». 

Docteur en sciences économiques, Sophie Ponthieux est chargée d’études à l’Insee. Elle  poursuit : 

« Comment définir le capital social ? Ici commencent les soucis, car, si la notion renvoie toujours, d’une façon ou d’une autre, aux relations sociales et à leurs effets, l’objet « capital social » est décliné dans des variantes de substance et d’échelle d’une telle ampleur qu’il est impossible d’en donner une définition consensuelle. Certes, l’expression a quelque chose d’immédiatement familier, et même de séduisant, par l’association du « capital », qui évoque la richesse économique, et du « social », qui renvoie, au moins a priori, au « non-économique ». C’est bien cet axe, qui va de l’économique au social et du social à l’économique, qui est la colonne vertébrale de ce concept. De fait « Les contours du capital social sont largement déterminés par les relations, conflictuelles dès la constitution de ces deux disciplines, entre la sociologie et l’économie. »

Enfin, parmi les différents définitions du capital social que Sophie Ponthieux rappelle, nous retrouverons celle de Pierre Bourdieu : 

"les diverses sortes de capitaux qu'un individu peut mobiliser du fait de ses relations sociales"

Et celle du sociologue américain, Robert Putnam, le "grand croisé" de la cause du capital social aux Etats-Unis: 

"les caractéristiques de l'organisation sociale telles que les réseaux, les normes et la confiance, qui facilitent la coordination et la coopération pour un bénéfice mutuel".

Nous gagnons le Collège de France le 31 janvier 2019 (en première partie )et le 7 février 2019 (en seconde partie), pour le cours de François Héran « Pourquoi migrer ? »

Intervenants
  • Sociologue, anthropologue et démographe. Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Migrations et sociétés  », directeur de l’Institut Convergences Migrations. Directeur de recherches à l'INED et ancien directeur de l'INED.
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