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Les régions d’Afrique s’étirant du littoral méditerranéen jusqu’au Sahel, via l’Atlas catalan, par des cartographes juifs de Majorque (Baléares, 1375)
Épisode 7 :

Pourquoi offrir une girafe ?

58 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi offrir des girafes à l’empereur de Chine ? François-Xavier Fauvelle analyse les enseignements que l'on peut tirer des biographie d’animaux, liés aux cadeaux diplomatiques, au Moyen Âge.

Qualifiée de "qilin", la girafe ramenée en 1414 par Zheng He (1371–1433) eunuque chinois musulman et explorateur de l'Afrique de l'Est et du Moyen Orient.
Qualifiée de "qilin", la girafe ramenée en 1414 par Zheng He (1371–1433) eunuque chinois musulman et explorateur de l'Afrique de l'Est et du Moyen Orient. Crédits : Peinture de Shen Du, artiste de la cour des Ming.

Comment interpréter l’envoi d’un rhinocéros à un autre souverain et, ses "déambulations", d’un pays à l’autre, dans le cadre d’un échange de dons entre puissances ? s’interroge, François-Xavier Fauvelle, Titulaire de la chaire Histoire et archéologie des mondes africains au Collège de France.

Nous découvrons aujourd'hui l'ouvrage d'Abel Fontoura da Costa, intitulé, Les déambulations du rhinocéros de Muzafar, roi de Cambay, de 1514 à 1516 (publié en 1937). Rien ne concerne l'Afrique, mais cet ouvrage permet d'ouvrir la question des biographies des animaux offerts comme cadeaux diplomatiques. Le roi du Portugal, "Manuel Ier, réceptionnant son rhinocéros, décide de le faire combattre contre un éléphant", narre François-Xavier Fauvelle.

Le dimanche 3 juin 1515, sur une place de Lisbonne, en présence de la famille royale, Oçem tient le rhinocéros dissimulé derrière des tentures tandis qu’on fait entrer un jeune éléphant, conduit par son cornac, lui aussi indien. Dès les tentures relevées, le rhinocéros, furieux, arrache sa chaîne et fonce vers l’éléphant qui, paniqué, jette son cornac au sol, arrache les barrières métalliques qui ferment la place et s’enfuit jusqu’à son étable. Parmi les témoins de la scène, un artiste anonyme fit un dessin de l’animal et l’envoya en Allemagne, où il tomba entre les mains d’Albrecht Dürer, qui en fit une célèbre gravure sur bois. Quelques mois après le combat avorté, Manuel Ier décide de dépêcher une ambassade auprès du Pape. Il compte lui offrir de la vaisselle d’argent (…) et bien sûr le rhinocéros.

1515, le rhinocéros dessiné par Albrecht Dürer, d'après un dessin du rhinocéros offert au roi du Portugal.
1515, le rhinocéros dessiné par Albrecht Dürer, d'après un dessin du rhinocéros offert au roi du Portugal. Crédits : Albrecht Dürer / Wikicommons

Dans le cadre de sa série intitulée "Introduction aux mondes africains médiévaux", François-Xavier Fauvelle propose de réfléchir, cours après cours, sur "la conversation qu’ont entretenue les sociétés africaines avec les mondes extérieurs".

Dans les cours précédents, il a analysé les "interactions transsahariennes et transocéaniques" et il s’est attaché la semaine passée à "l’unique petite perle bleue de Ketetiya", "sans doute fabriquée dans un atelier de la zone indopacifique". Cette perle intriguait François-Xavier Fauvelle. 

"Elle nous parle, notait-il, dans un langage pas complètement clair à nos oreilles, de circulation de matières et d’objets entre des mondes lointains, entre des sociétés de la même région d’Éthiopie, entre des communautés religieuses qui voisinent localement, et enfin au sein d’une culture qui prospère et se transforme au cours de plusieurs siècles".

Avant d’analyser, du Maghreb à la Chine, les envois de girafes avec les ambassades, cadeaux des souverains africains, François-Xavier Fauvelle revient sur cette petite perle bleue et aussi sur l’un de nos auteurs-voyageurs, Ibn Battûta, dont nous avons fait la connaissance, dès la leçon inaugurale de l’historien-archélogue. 

François-Xavier Fauvelle indiquait alors :

On n’est plus tout à fait sûr aujourd’hui que Ibn Battûta, notre seul témoin réputé direct de la vie quotidienne et politique dans le royaume du Mali, s’y soit vraiment rendu. Pourquoi ? Parce qu’on ne retrouve pas, dans le récit de son séjour supposé dans la capitale, les éléments du questionnaire mental qu’il applique, pour l’instruction et le plaisir de ses lecteurs, dans les autres régions du monde qu’il visite, de l’Andalousie à l’Inde, de la Perse aux Maldives. Cette incertitude brouille la relation entre authenticité du voyage et sincérité du récit. 

Alors qu’en est-t-il ?

Nous gagnons le Collège de France les 14 et 21 novembre 2019 pour le cours de François-Xavier Fauvelle, aujourd’hui, « Pourquoi offrir une girafe?  ».

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