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Bronze plaque of a man of the Ordos Plateau, long held by the Xiongnu. 3-1st century BCE. British Museum. Otto J. Maenchen-Helfen notes that the statuette displays Caucasoid features..
Épisode 3 :

Qui sont les vrais sauvages ?

59 min
À retrouver dans l'émission

"Comment la Chine ramène-t-elle tout au centre ?" Le rapport entre les "centraux" et les "excentrés" est-il d’ordre ontologique ou culturel? Demande la sinologue Anne Cheng, qui analyse la question de l'Autre au Pays du Milieu, dans l'Antiquité.

Bronze plaque of a man of the Ordos Plateau, long held by the Xiongnu. 3-1st century BCE. British Museum. Otto J. Maenchen-Helfen notes that the statuette displays Caucasoid features..
Bronze plaque of a man of the Ordos Plateau, long held by the Xiongnu. 3-1st century BCE. British Museum. Otto J. Maenchen-Helfen notes that the statuette displays Caucasoid features.. Crédits : Wikicommons/British Museum PHGCOM

Pourquoi est-il intéressant d’introduire le texte sur les Cannibales de Montaigne et le regard sur l'altérité au XVIe siècle, en pleine guerres de religion, quand on questionne la notion de "civilisés" et de "barbares" dans la Chine antique? Faut-il parler de racisme ou de culturalisme? Pourquoi interroger les rites funéraires? Que signifie la formule "trouver commode l’habitude et trouver juste la coutume"?

Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine»,  nous propose, cette année, selon ses mots, de « décentrer la Chine », d'interroger sur la longue durée, du monde antique à aujourd’hui,  la « prétention chinoise à l’universalité » et de sonder un « espace circulatoire plus large » où s’esquissent les interactions avec les grands voisins, l’Inde et le Japon, dans le cadre de sa série pluri-annuelle intitulée, "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde ».  

Tout en introduisant de nouvelles questions, Anne Cheng reprend au travers de citations en chinois, qu’elle traduit aussitôt de manière sonore et pédagogique, les notions abordées l’année précédente et les textes fondamentaux de Confucius, de Mencius et le Traité des Rites. Elle a donc rappelé la place du confucianisme et du ritualisme pour assurer la stabilité et l’harmonie du Pays du Milieu et elle a mis en évidence comment la forme carrée en damier à 9 cases est la forme par excellence à l’origine de l’organisation spatiale, symbolique et hiérarchique de la Chine, l’architecture du Palais de la lumière, le Mingtang en étant la parfaite illustration. Le carré se décline à l’infini et à la marge de ces carrés, à l’extérieur, il y a les Barbares, « aux coeurs de bêtes sauvages », dont elle explore les images d’altérités.  

Elle a noté dans le cours précédent que lorsque l’étranger se caractérise par sa "précipitation", l’être civilisé en Chine prend au contraire son temps, agit de manière solennelle, ne s’offusque pas "d’une toute petite part de bouillon", quand il attendrait un gros morceau de viande à son arrivée à la cour royale. Selon la sinologue, grande traductrice des Entretiens de Confucius, 

"les rites sont faits pour ralentir les gestes, leur ôter leur caractère violent et irréfléchi".  

Alors que se passe-t-il pour les terres en dehors de "l’effet transformateur ou civilisateur du Fils du Ciel"? Que signifie la métaphore de la bête sauvage rapportée aux autres peuples, aux barbares?  

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 30 novembre 2017 pour le cours d’Anne Cheng , "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde - suite », aujourd’hui « Qui sont les vrais sauvages? »

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
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