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Les régions d’Afrique s’étirant du littoral méditerranéen jusqu’au Sahel, via l’Atlas catalan, par des cartographes juifs de Majorque (Baléares, 1375)
Épisode 12 :

Reflets dans une boule d’or, partie III, importations et conversation globale

58 min
À retrouver dans l'émission

Quel rôle notable joue une multitude d’étoffes importées, dans le récit fondateur d’une communauté swahilie, insulaire et commerçante? François-Xavier Fauvelle revient sur les marchandises d'importation en Afrique subsaharienne à côté du cuivre & du sel. Que peut-on savoir des productions locales?

A gauche représentation de l'Afrique orientale et de la Mer Rouge, les échanges commerciaux jusqu'en Asie, extrait de l'Atlas Catalan en 1375
A gauche représentation de l'Afrique orientale et de la Mer Rouge, les échanges commerciaux jusqu'en Asie, extrait de l'Atlas Catalan en 1375 Crédits : Abraham Cresques ? BNF/Gallica

Enfin quel était le cadre social de la réception des perles en verres et des porcelaines chinoises? 

Nous voici au terme de la grande série de François-Xavier Fauvelle, intitulée "Introduction aux mondes africains".

Chercheur au CNRS, Titulaire de la chaire « Histoire et archéologie des mondes africains », il étudie depuis plusieurs cours la circulation de ce qu’il appelle les « commodités ». Dans le cours précédent, qui traitait des exportations médiévales, il s’est ainsi expliqué sur ce terme : 

"Avec l’or, les esclaves constituaient l’autre grande commodité en provenance d’Afrique. Pour des raisons que j’ai déjà données, j’emploie le terme de « commodité » à dessein, à la fois pour éviter de parler de « produits » au sujet des individus qui étaient l’objet de ce commerce, et pour éviter celui de « marchandises », qui ne permet pas de rendre compte des changements de statut et des trajectoires sociales, même quand les victimes de ce commerce étaient soumises à un échange marchand". 

Aujourd’hui, tout en continuant sa grande enquête sur la façon dont les sociétés africaines, les élites notamment, par les traces laissées, ont pu se connecter et entrer en conversation avec d’autres sociétés plus ou moins lointaines au Moyen Age, il observe ce que l’on peut apprendre des importations. 

En conclusion de sa première série de cours, François-Xavier Fauvelle souligne :

"En somme, à chaque époque et en chaque lieu, la valeur des choses est le fruit d’une relation spéculaire entre partenaires. Les commerçants n’écoulent pas leur verroterie ou leur bimbeloterie qui trouvera bien preneur. Ils passent commande en telle ou telle région du monde d’objets choisis par ceux auxquels ils destinés, pour satisfaire des désirs qui s’expriment de façon singulière dans chaque environnement social. Alors, si le Moyen Âge global n’est pas tout à fait un marché, et si l’Afrique permet de mieux comprendre ce qu’il est, c’est parce que la mise en contact des lointains par une foule d’intermédiaires, en fait une conversation entre les élites. Une conversartion qui partout refaçonne leurs attentes, leurs goûts, les signes de leur prestige et les insignes de leur pouvoir, leurs appartenances".

Dans un passionnant entretien donné à Fabien Trécourt, en août 2019, pour le Journal du CNRS, François-Xavier Fauvelle notait, non sans malice :

"J’ai fait couler beaucoup d’encre parce que je parlais de « Moyen Âge africain ». Cette dénomination chronologique correspond certes plutôt à une réalité européenne, mais l’enjeu essentiel n’était pas là à mes yeux. Pour toute période donnée, les régions du monde restent nécessairement connectées les unes aux autres. Les situer dans une même réalité temporelle, un « Moyen Âge global » pour ainsi dire, est paradoxalement une façon de valoriser une conception multipolaire de l’histoire."

Dans ce même entretien François-Xavier Fauvelle rappelle :

« l’enquête historique part du présent. Elle s’appuie sur une source nécessairement actuelle, un vestige ou une archive, pour remonter vers le passé. L’ordre « naturel » de notre accès aux événements n’est donc pas, paradoxalement, celui du récit chronologique. Si l’on veut raconter non pas comment l’événement s’est passé mais comment je le sais, il faut raconter l’enquête, souligne-t-il. « Rien de révolutionnaire dans tout cela : c’est la méthode archéologique. C’est d’ailleurs pourquoi je me suis orienté très tôt vers cette discipline. Je voulais me rapprocher des sources matérielles, déjouer les strates interposées entre le passé et le présent. Non pas que ces vestiges représenteraient des « faits historiques » plus authentiques, car il faut également les décoder, comprendre comment ils sont parvenus jusqu’à nous. Mais les matérialités permettent d’élargir la documentation. J’ai ainsi vécu plusieurs années en Afrique du Sud et en Éthiopie. Ce séjour m’a permis de faire mes armes à la tête du Centre français d’études éthiopiennes (CFEE), de coordonner des travaux collectifs et de monter des missions. En outre, il possède un formidable potentiel pour l’étude du Moyen Âge".

Et ce potentiel nous le découvrons encore en gagnons le Collège de France le 19 décembre 2019 pour le cours de François-Xavier Fauvelle, aujourd’hui Reflets dans une boule d’or, partie III, aujourd’hui « importations et conversation globale »

Pour prolonger

La conférence inaugurale de François-Xavier Fauvelle, intitulée « Leçons de l’histoire de l’Afrique » a été publiée chez Fayard avec le Collège de France et elle est disponible en édition électronique.

Parmi ses nombreux ouvrages :

Le rhinocéros d'or : histoires du Moyen Age africain (chez Alma, puis en Folio en 2014) 

et il a dirigé L'Afrique ancienne : 20.000 avant notre ère-XVIIe siècle chez Belin en 2018

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