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Femmes tchétchènes  devant les troupes russes à Grozny, décembre 1994.

De la nécessité du reportage de guerre par Anne Nivat

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment devient-on reporter de guerre ? Comment appréhende-t-on le terrain, le conflit quand on est une femme, en Tchétchénie, en 1998 ? Comment enquêter en pleine guerre et comment "choisir les mots" pour "partager ce qu’on a vécu, sans parti pris" ? demande la journaliste-écrivain Anne Nivat.

Femmes tchétchènes  devant les troupes russes à Grozny, décembre 1994.
Femmes tchétchènes devant les troupes russes à Grozny, décembre 1994. Crédits : Mikhail Evstafiev / Wikicommons

Rediffusion de l'émission du 25.04.2018

Pourquoi  et comment "être dans un pays et essayer de le raconter à ceux qui n'y sont pas" ? 

Antoine Compagnon, titulaire de la chaire « Littérature française moderne et contemporaine : Histoire, critique, théorie » au Collège de France nous invite à rencontrer, dans le cadre de son séminaire lié à sa série De la littérature comme sport de combat, l'écrivain,  journaliste indépendante et reporter de guerre, Anne Nivat, autour de son livre Chienne de Guerre, publié chez Fayard en 2000. Elle y relate son expérience du conflit en Tchétchénie.

Dans une interview de juin 2008 pour le journal Médias, elle explique que c’est Marc Semo, alors qu'elle avait quitté le journal Libération, qui l'a poussée à écrire son premier livre : 

« Je l’écoute, je rédige mon premier récit Chienne de guerre, que je propose à Claude Durand chez Fayard. Le seul conseil qu’il me donne est : 'Ecrivez à la première personne'. Le livre marche. Depuis je ne suis plus attachée à aucun journal et j’écris les livres que mes seuls reportages suscitent »

Anne Nivat est la fille de Georges Nivat, grand intellectuel russe et traducteur de Soljenitsyne. Elle rappelle le contexte de ses années de formation , avant son départ pour la Russie: 

« Nous recevions sans arrêt à la maison des réfugiés russes. Mon père et ma mère vivaient et pensaient russe… Et j’ai eu ma mère comme professeur jusqu’en terminale. Je suis partie à Paris en 1986, en hypokhâgne, pour la simple raison que si je n’allais pas là bas, je me serais retrouvée à Genève avec mon père qui m’aurait également enseigné le russe… »

Nous découvrons aujourd’hui une femme qui, depuis, n'a cessé de voyager pour couvrir des situations complexes, sans perdre de vue le contexte puissamment humain, que ce soit en Russie, en Afghanistan ou en Irak, mais aussi plus récemment en France.  Pour sa première enquête, qui a révélé sa passion pour le journalisme de "terrain", elle a dû revêtir la tenue des femmes tchétchènes et elle s'en explique tout d'abord.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 6 mars 2018 pour le séminaire d’Antoine Compagnon, avec Anne Nivat, aujourd'hui, "De la nécessité du reportage de guerre" . 

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