LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Massacre des Innocents, fresque de Giotto à la chapelle Scrovegni de Padoue (vers 1304-1306).
Épisode 8 :

Une grammaire du massacre par Jacques Sémelin

59 min
À retrouver dans l'émission

Quelle est la « rationalité délirante » des violences extrêmes? Comment le massacre peut-il être un « processus mental »? Pourquoi et comment est-ce à travers le groupe que l’individu se transforme en tueur de masse?

Massacre des Innocents, fresque de Giotto à la chapelle Scrovegni de Padoue (vers 1304-1306).
Massacre des Innocents, fresque de Giotto à la chapelle Scrovegni de Padoue (vers 1304-1306). Crédits : José Luiz Bernardes Ribeiro / Wikicommons

Pourquoi établir une « grammaire du massacre », demande Jacques Sémelin?  Comment l’oeuvre littéraire de Sade présente-t-elle, pour l’historien et politologue, "une réflexion sur la violence la plus totale", exercée par "des hommes normaux", qui "aboutit à la destruction des corps" ? Comment "se jouent dans nos têtes les représentations d’un Autre à expulser, à tuer en partie ou en tout"? Et quelle est la part des « entrepreneurs  identitaires » dans ces représentations? 

Antoine Compagnon, titulaire de la chaire « Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique et théorie» au Collège de France, nous invite à rencontrer cette semaine des journalistes, artistes et universitaires qui abordent l’Histoire à travers leurs enquêtes et leurs récits. Dans le cadre de son séminaire, lié à sa série, « De la littérature comme sport de combat » , il reçoit aujourd’hui Jacques Sémelin, directeur de recherche CNRS au CERI de Sciences-Po, dont les travaux interdisciplinaires portent sur les génocides et les résistances civiles au XXe siècle. 

Jacques Sémelin, qui s'inscrit résolument à rebours des "représentations simplistes, déterministes" des événements, revendique l'approche d'Arlette Farge, 

"écrire l’histoire, c'est ouvrir le champ des possibles". 

« Face aux trous noirs de notre propre barbarie, nous n’avons que des demi-savoirs » 

déclare-t-il.

En 2011, il rappelait au journal La Croix 

« que toute résistance est une énigme et toute résistance de masse est une surprise (...) Dans l’émergence d’une résistance civile, il y d’abord  un refus de la fatalité »

Interrogé par le journal Le Monde sur les massacres de civils Syriens en 2013, et notamment après l’usage des armes chimiques, il rappelait la nécessité de 

« réfléchir à une énigme : celle de notre propre barbarie. Et se souvenir que l'action de massacrer, c'est-à-dire de détruire des non-combattants, est toujours un processus qui se construit. Avant les massacres de Bachar Al-Assad, il y eu celui de son père, en 1982, le massacre de Hama, qui a fait 20 000 morts en quinze jours. Son fils, l'actuel président, reproduit en quelque sorte le même scénario. C'est  ce que j'appelle le répertoire de l'action collective. Ce régime ne sait faire que cela : non pas arrêter et emprisonner, mais détruire tout  élément d'opposition qui soit de nature à remettre son pouvoir en cause. »

Qu’est-ce que l’archéologie imaginaire du massacre ? 

Nous gagnons  l’amphithéâtre du Collège de France, le 13 février 2018 pour le séminaire d’Antoine Compagnon, aujourd’hui :  « une grammaire du massacre » 

Intervenants
L'équipe
Réalisation
Coordination
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......