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Monumenta 2010, Christian Boltanski (au centre de la photo), artiste invité au Grand Palais à Paris, le 9 janvier 2010

Conversation avec Christian Boltanski

59 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi l'artiste ne peut-il "qu’attendre et espérer"? demande Christian Boltanski. Pourquoi passer toute sa vie en recherche? Pourquoi "détruire et refaire ses œuvres" et les "faire réincarner par quelqu’un d’autre" ?

Monumenta 2010, Christian Boltanski (au centre de la photo), artiste invité au Grand Palais à Paris, le 9 janvier 2010
Monumenta 2010, Christian Boltanski (au centre de la photo), artiste invité au Grand Palais à Paris, le 9 janvier 2010 Crédits : Raphael GAILLARDE/Gamma-Rapho via Getty - Getty

Rediffusion de l'émission du 27.04.2018

Pourquoi ressent-on plus l’absence que la présence? Pourquoi construire aujourd’hui de nouvelles mythologies ?

Antoine Compagnon, titulaire de la chaire « Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie » au Collège de France achève son exploration de la guerre, de l’Histoire et des récits de vie aux côtés de l’artiste-plasticien Christian Boltanski, qu'il reçoit dans le cadre de son séminaire lié à sa série De la littérature comme sport de combat.

Né en 1944, marqué par la Shoah, cette « défaite de la raison », Christian Bolstanki évolue après-guerre dans un "monde de récits effrayants et de survivants" qui ont échappé à l’extermination. L'artiste interroge le rôle du hasard dans le fait de survivre. Ce « trauma » est récurrent dans son oeuvre, mais de manière "allusive", souligne-t-il. 

Dans une interview donnée au journal Le Monde en 2009, il se dépeint « en conteur » :  

« Je raconte des paraboles, dit-il, pas par les mots, mais par des signes, des images et des sons… (...) Parce que les formes sont plus floues que les mots, chacun peut plus facilement terminer l'histoire, la prendre pour lui-même. Il y a la même différence entre la poésie et le roman, qui est trop précis ».

Il dit aussi se méfier des grandes expositions à effets spéciaux : 

« Moi, j'essaie que ce soit le moins cher possible, un peu raté, pas un truc de boîte de prod. Depuis quelques années, le modèle cinématographique a été décalqué sur les arts plastiques. C'est une erreur. Je veux que l'on voie le hasard et les ratages, et que l'émotion entre par cette voie. Je veux que, dans les formes, il y ait quelque chose d'improbable qui fasse passer l’émotion. (...) En fait, déclare-t-il, je suis un artiste très traditionnel : je veux poser des questions et donner des émotions. Et ce qui m'énerve, c'est l'idée d'être un artiste moderne. Je ne sais pas ce que c'est que la modernité. La jalousie est la même aujourd'hui qu'au temps de Racine, même si nous la disons avec d'autres mots que ceux de Racine » 

« Il y a peut-être eu des gens, voici des siècles, qui ont réfléchi, et dont je continue à poser les questions. Tout continue, c'est même la seule phrase optimiste que je puisse prononcer. Les questions ne changent pas. »

L’artiste, qui déploie son oeuvre aux quatre coins du monde, nous entraîne dans une grande interrogation du temps et de l’espace.

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 3 avril 2018 pour le séminaire d’Antoine Compagnon, aujourd’hui « conversation avec Christian Boltanski »

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