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Amos Gitai part à la recherche de son père, passé par le Bauhaus, des rapports entre architecture et cinéma, les événements historiques et les fragments de souvenirs intimes, dans "Lullaby to my father" (2011°
Épisode 4 :

Espace et structure, cinéma et architecture

58 min
À retrouver dans l'émission

Quels sont les rapports et les différences entre cinéma et architecture ? Comment la forme et le narratif sont-ils plus engagés qu’il n’y paraît ? s'interroge le réalisateur Amos Gitai. Quel est le geste politique de l’architecture ? Qu'est-ce que représente le Bauhaus aux yeux d'Amos Gitai?

Amos Gitai part à la recherche de son père, passé par le Bauhaus, des rapports entre architecture et cinéma, les événements historiques et les fragments de souvenirs intimes, dans "Lullaby to my father" (2011°
Amos Gitai part à la recherche de son père, passé par le Bauhaus, des rapports entre architecture et cinéma, les événements historiques et les fragments de souvenirs intimes, dans "Lullaby to my father" (2011° Crédits : Amos Gitai

Amos Gitai avait 19 ans, quand son père a disparu. Il s’interroge : comment dialoguer avec ce père architecte, si discret sur ses années de formation au Bauhaus, ce père qui a dû fuir les nazis ? "Comment représenter ce qui va nous donner des traces, des fragments" ? demande encore le réalisateur,  qui a lui-même suivi une formation d’architecte sur les pas de son père ?

Titulaire de la chaire annuelle de Création artistique, Amos Gitai revient dans le cadre de sa série de cours "Traverser les frontières", sur son parcours personnel et son rapport à l’histoire, la sienne, celle d’Israël, celle de ses parents, celle des enjeux politiques de l’Antiquité biblique à aujourd’hui, en passant par les années 1930 et les années 1973-1995. Il revient sur les questions qui ont initié ses projets et il interroge ses œuvres, des premiers documentaires en tant que cinéaste-journaliste, à ses premiers films de fiction et à son travail de créateur pluri-forme et engagé. Il défend un cinéma artisanal, au service de "films complexes et contradictoires, qui sollicitent la contradiction et pas strictement une idée binaire". Le travail sur la durée (d’où son attachement au plan séquence), permet d’ouvrir le regard, "d’enregistrer un autre regard".

"Le cinéma artisanal, auquel il rend hommage aujourd’hui, devient plus rare, nous dit-il, parce que le financier n’aime pas cela. Il aime qu’on lui dise tout de suite, à l’avance, comment il va avoir le film définitif (…). C’est ainsi plus facile pour faire le budget. Mais non ! déclare Amos Gitai, Le cinéma est un dialogue en continu. Si je fais référence à ma culture, c’est une démarche talmudiste, d’interprétation et d’interprétation jusqu’à la fin."

Dans le prolongement de ses cours au Collège de France, Amos Gitai propose de riches dossiers et les extraits de ses films. Il rappelle le parcours de Munio Weinraub, son père, "né en 1909 en Silésie en Pologne, fils du métayer d'un junker prussien. À l'âge de 18 ans, le jeune homme est parti à Berlin, puis à Dessau pour étudier au Bauhaus, auprès de Walter Gropius, Vassilli Kandinsky et Paul Klee. En 1933, le Bauhaus  a été fermé par les nazis". Le père d’Amos Gitai, juif a été accusé de trahison envers le peuple allemand. Il a été emprisonné, puis expulsé à Bâle. Parti pour la Palestine, il a entamé à Haïfa, une carrière d'architecte où il a « adapté les principes européens modernistes au Moyen-Orient ».

Le film d’Amos Gitai, Lullaby to My Father (en 2011) recherche les fragments, les traces de ce père, trop tôt disparu. 

Comment dialoguer, comment faire une interview et comment utiliser les silences à la place des questions ? demande Amos Gitai.

D’hier à aujourd’hui, quelles sont les ambivalences de l’architecture ? Que nous révèle l’histoire du Bauhaus face aux nazis ? Et comment la représenter au cinéma ? 

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 13 novembre 2018, pour le cours d’Amos Gitai, aujourd’hui « Espace et structure, cinéma et architecture Amos Gitaï »

Pour prolonger :

« Le film est un voyage à la recherche des rapports entre un père et son fils, architecture et cinéma, événements historiques et fragments de souvenirs intimes. Cela tient du puzzle, et plus encore du kaléidoscope, les voix se mêlent tout comme les visages de Jeanne Moreau, Hanna Schygulla, les photos abîmées, les souvenirs, les vestiges. La quête est toute personnelle, c'est ainsi que, précisément, elle devient universelle, associant relation à sa terre et à l'histoire de celle-ci (le parcours de la famille Gitaï est indissociable de la fondation de l'État d'Israël), enracinement et vagabondage, attirance et répulsion. » (Pascal Mérigeau, CinéObs, 17 janvier 2013)

Bibliographie

Amos Gitai. Architecte de la mémoire

Amos Gitai. Architecte de la mémoireGallimard - La Cinémathèque française, 2014

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