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Basket from Lo-lang, a region of the Han Dynasty. Paragons of filial piety, Chinese painted artwork on a lacquered basketwork box. It was excavated from an Eastern Han tomb of what was the Chinese Lelang Commandery in what is now North Korea.
Épisode 2 :

Nous (civilisés) et les autres (qui ne connaissent pas les rites)

59 min
À retrouver dans l'émission

Qu’est-ce qui différencie l’être civilisé en Chine des autres hommes, comparés aux bêtes sauvages et aux oiseaux? Demande la sinologue Anne Cheng. Quels sont les fondements symboliques de la centralité chinoise? Quelle a été la propagande unificatrice des Han et quelle est son actualité?

Basket from Lo-lang, a region of the Han Dynasty. Paragons of filial piety, Chinese painted artwork on a lacquered basketwork box. It was excavated from an Eastern Han tomb of what was the Chinese Lelang Commandery in what is now North Korea.
Basket from Lo-lang, a region of the Han Dynasty. Paragons of filial piety, Chinese painted artwork on a lacquered basketwork box. It was excavated from an Eastern Han tomb of what was the Chinese Lelang Commandery in what is now North Korea. Crédits : Wikicommons/National Museum of Seoul

Comment l’Inde peut-elle être considérée comme l’autre espace civilisé? Pourquoi faut-il revenir au Traité des Rites, à la scénographie et la disposition hiérarchique et politique du palais des Lumières, le Ming Tang, et à la représentation des 4 Orients et des 4 peuplades? Quels sont les us et coutumes des barbares, comme le fait de porter les cheveux détachés ou de manger cru? 

Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine» propose « d’interroger », nous dit-elle, la "prétention chinoise à l’universalité » dans le cadre de sa grande série pluriannuelle, intitulée,  "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde". Depuis le cours précédent, elle s’attache à une grande introduction où elle revisite les notions abordées l’année précédente. Elle cite les textes en chinois et interroge aujourd’hui en particulier les différentes manières de désigner les traducteurs et elle introduit le débat des linguistes sur le rôle des traducteurs. Comment représentait-on l’Autre dans l’Antiquité?  

Dans une longue et stimulante interview donnée à la revue _Vacarme_en 2010 sur les "amnésies chinoises", Anne Cheng revient sur son parcours entre l’Europe et la Chine (son père chinois ayant choisi de rester en France, quand sa mère ayant, elle, choisi de regagner la Chine). Elle présente sa méthode pour nous introduire à la pensée chinoise : 

« Je pars du principe que pour comprendre un texte en chinois classique, il faut d’abord le lire à voix haute. Il faut entendre et faire entendre la voix d’un texte et d’un auteur, la sonorité, la percussion des mots, les effets de parallélisme, de rythme, de rime, perceptibles même sans une pratique très longue de la langue. Il ne faut pas oublier qu’en chinois, surtout dans la langue classique, un son est le plus souvent un mot. On n’a donc aucune chance de comprendre un texte sans le travailler à l’oreille. Il faut écouter, et puis il faut voir. C’est en montrant comment se constitue un caractère que vous comprenez non seulement dans quel champ sémantique il se situe, mais à quoi il vise : la graphie d’un terme tient lieu d’exercice étymologique. »  

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 23 novembre 2017 pour le cours d’Anne Cheng , "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde - suite », aujourd’hui « Nous (civilisés) et les autres (qui ne connaissent pas les rites) »

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
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