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Confucius presenting the young Gautama Buddha to Laozi. Qing Dynasty.
Épisode 8 :

Ambiguïtés et rivalités bouddho-taoïstes

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment l’Inde peut-elle être à la fois céleste et peuplée de Barbares? Pourquoi les Han antérieurs, avant l'ère chrétienne, n’ont-ils jamais entendu parler de Bouddha? demande Anne Cheng. Comment les récits prodigieux autour de Bouddha parviennent-ils en Chine?

Confucius presenting the young Gautama Buddha to Laozi. Qing Dynasty.
Confucius presenting the young Gautama Buddha to Laozi. Qing Dynasty. Crédits : Wikicommons

Comment la Chine au-delà de ses marges hantées par les peuples nomades et dits "sauvages" découvre-t-elle dans l’Inde un autre grand centre de civilisation, après avoir pris la connaissance du grand Empire Romain, appelé Da Qin? Pourquoi revenir sur les notions de Grand et de Petit véhicule pour éclairer l’appropriation du bouddhisme par les Chinois? 

Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine» nous propose, selon ses mots, de « décentrer la Chine », de questionner sur la longue durée, du monde antique à aujourd’hui, la « prétention chinoise à l’universalité » et de sonder un « espace circulatoire plus large » où s’esquissent les interactions avec les grands voisins, notamment l’Inde, cette année, dans le cadre de sa série pluri-annuelle intitulée,  "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde ». Tout en inscrivant ce troisième cycle de cours dans la grande question des relations à l’Autre dans la Chine sous les Han et après leur chute, elle interroge les relations complexes et ambivalentes entre les grands centres de civilisation que sont La Chine et l’Inde. 

Au travers des citations en chinois qu’elle traduit aussitôt de manière sonore et pédagogique, elle nous fait entrer dans les sources anciennes pour comprendre les enjeux de fascinations et de rivalités entre les deux grandes cultures et les grands courants de pensées. Dans son ouvrage majeur, Histoire de la Pensée chinoise, Anne Cheng explique : 

"Le bouddhisme des Han s’est d’abord adressé à un public populaire en mettant l’accent sur les pratiques de méditation, mais aussi sur le thème de la compassion et de l’accumulation de karma (…). Aux yeux d’un public déjà formé aux exigences du taoïsme religieux pour qui le bouddhisme n’était au fond qu’une variante ouvrant une nouvelle voie vers l’immortalité, il devait inévitablement se produire entre les deux un amalgame, assorti d’une tentation de « récupération » réciproque. Selon une conception taoïste, Laozi après avoir disparu à l’ouest de la Chine, aurait poursuivi sa route jusqu’en Inde, où il aurait « converti les barbares » et serait devenu le Bouddha. L’idée que ce dernier ne serait autre qu’une réincarnation de Laozi trouve son apothéose dans le Sûtra sur la conversion des barbares (Huahu jing) objet d’une fameuse querelles qui devait rebondir au IVe, puis au VIe siècle, ce sûtra, composé de faits vers 300 après J.-C. pour les besoins de la cause, témoigne des relations complexes entre bouddhisme et taoïsme. "

Et nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 18 janvier 2018 pour le cours d’Anne Cheng, aujourd’hui "Ambiguïtés et rivalités bouddho-taoïstes"

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
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