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Amitabha Buddha with his attendants Avalokitesvara Bodhisattva, and Mahasthamaprapta Bodhisattva. Hangzhou, Zhejiang province, China.
Épisode 4 :

Des empires du monde indien à celui des Han, la diffusion du bouddhisme

59 min
À retrouver dans l'émission

Comment t s’est diffusé le bouddhisme en Chine ancienne? Quels sont les personnages d’origine étrangères longuement installés en Chine qui ont permis son acculturation ? Demande la sinologue Anne Cheng.

Amitabha Buddha with his attendants Avalokitesvara Bodhisattva, and Mahasthamaprapta Bodhisattva. Hangzhou, Zhejiang province, China.
Amitabha Buddha with his attendants Avalokitesvara Bodhisattva, and Mahasthamaprapta Bodhisattva. Hangzhou, Zhejiang province, China. Crédits : Tengu800/Wikicommons

Anne Cheng, titulaire de la chaire «Histoire intellectuelle de la Chine» nous propose, selon ses mots, de « décentrer la Chine », de questionner sur la longue durée, du monde antique à aujourd’hui, la « prétention chinoise à l’universalité » et de sonder un « espace circulatoire plus large » où s’esquissent les interactions avec les grands voisins, notamment le monde indien, dans le cadre de sa série pluri-annuelle intitulée,  "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde"

Elle poursuit son interrogation des premières traces bouddhistes en Chine sous les Han, dès le premier siècle. 

Dans un article donné en 2018, Anne Cheng rappelle :

« Dès la dynastie fondatrice des Han (de - 206 à 220 de l’ère chrétienne), qui instaura une pax sinica à l’extrémité orientale du continent eurasiatique pendant que s’imposait une pax romana à l’autre extrême, on constate l’omniprésence de ce qui apparaît déjà comme un slogan politique, l’idée que « les Han unifient ce qui est sous le Ciel ». N’oublions pas que cette dynastie des Han, écrit-elle, qui consolida l’unification de l’espace chinois réalisée en – 221, a donné son nom à la civilisation chinoise, à sa langue et à ce que la catégorisation actuelle dénomme « l’ethnie dominante » - autant dire à une forme d’identité culturelle, voire nationale.

La traduction géopolitique de cette puissance d’irradiation symbolique est ce qu’il est convenu d’appeler le « monde sinisé », qui recouvre toute l’Asie orientale autour de l’espace chinois proprement dit — Corée, Japon, Vietnam, Mongolie — autant de cultures qui ont, à des degrés et à des moments historiques divers, subi l’influence chinoise, que ce soit en empruntant son système d’écriture, ses structures gouvernementales, son modèle bureaucratique, ses conceptions de la hiérarchie sociale, ou en adoptant certaines formes religieuses nées en Chine ou assimilées par elle (on pense en particulier au bouddhisme venu de l’Inde mais presque totalement sinisé dès les VIIe-VIIIe siècles). 

Dans les cours précédents, elle a donc souligné le caractère complexe et ambivalent des relations entre les grands centres de civilisation que sont la Chine et l’Inde. Aujourd’hui, l’espace s’élargit au continent eurasiatique et on découvre comment la diffusion du bouddhisme peut participer des échanges commerciaux dans le cadre des fameuses routes de la soie et de centres commerciaux florissants. 

Dans son passionnant ouvrage, Histoire de la Pensée Chinoise, Anne Cheng indique :

la « légende fait commencer l'aventure bouddhique en Chine sous les Han postérieurs (dynastie qui va de 25 à 220 de notre ère), une nuit où l'empereur Ming vit en songe une divinité d'or voler devant son palais. Celle-ci ayant été identifiée comme le bouddha, des émissaires furent dépêchés vers l'ouest pour en savoir davantage, et c'est à leur retour qu'aurait été construit à la capitale Luoyang le monastère du cheval blanc. Les émissaires envoyé par l'empereur Ming seraient revenus avec un Sûtra en 42 sections ».

Dans ce même ouvrage, la sinologue rappelle que dans la capitale de Luoyang 

« s’organise, très tôt, un centre de traduction, sous la tutelle de moines étrangers venus du pays des Parthes, de Scythie, d’Inde ou de Sogdiane. Le plus célèbre, An Shigao, un moine parthe arrivé à Luoyang vers 148, sous le règne de l'empereur Huan, devait passer une vingtaine d'années en Chine à propager la foi bouddhique, formant des moines chinois… »

Alors qui étaient ces moines étrangers installés longuement en Chine? Comment peut-on parler d’ethnonymie? 

Nous gagnons l’amphithéâtre du Collège de France, le 13 décembre 2018 pour le cours d’Anne Cheng , "Universalité, mondialité, cosmopolitisme - Chine, Japon, Inde - suite », aujourd’hui  Des empires du monde indien à celui des Han, la diffusion du bouddhisme

Intervenants
  • Sinologue, titulaire de la chaire « Histoire intellectuelle de la Chine » au Collège de France.
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