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Fresque romaine provenant de la maison du Triclinium, Pompéi (40-60 après JC). Conservée au musée national l'archéologie de Naples
Épisode 12 :

Conclusion. Dieux, empereurs et juristes : l'histoire de Rome dans un anneau

58 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi l’anneau des Romains n’est plus un instrument pour sceller les documents que l’on porte à la main droite, la main qui travaille ? Pourquoi, selon le juriste crirtique et moraliste, Gaius Capito, cet anneau, devenu un signe extérieur de richesse, est-il passé à la main gauche, main oisive ?

Fresque romaine provenant de la maison du Triclinium, Pompéi (40-60 après JC). Conservée au musée national l'archéologie de Naples
Fresque romaine provenant de la maison du Triclinium, Pompéi (40-60 après JC). Conservée au musée national l'archéologie de Naples Crédits : Leemage - AFP - AFP

Qu’est-ce qui est en jeu avec la question des anneaux qui portent l’effigie de Dieu ou celle d’Auguste, surtout s’il s’agit d’un procès de lèse-majesté ? S'interroge le juriste historien Dario Mantovani, qui montre pourquoi il est nécessaire de s'identifier avec le point de vue des protagonistes.

Nous voici au terme de sa grande enquête autour des  "_Usages juridiques du passé, dans la pensée des juristes romains_".

Milanais d'origine, Dario Mantovani a longtemps été professeur de droit romain à l'université de Pavie, avant d'être nommé professeur au Collège de France, en 2018, titulaire de la Chaire « Droit, culture et société de la Rome antique ». Il dirige le Cedant – Centre des études et de la recherche sur les droits antiques, à l'université de Pavie.

Après un rapide retour sur les avancées de cette première série de cours, Dario Mantovani nous fait découvrir un texte très peu étudié qui pose la question suivante « pourquoi porter l’anneau à la main gauche et au doigt qui est à côté du plus petit, l’annulaire ? ». Il nous présente ensuite un grand juriste :

« Gaius Ateius Capito incarne le juriste romain typique. Collaborateur important d’Auguste, il mit à profit ses connaissances antiquaires des rites et des coutumes de Rome pour participer à la construction du principat augustéen. Le recours à la tradition la plus ancienne et fabuleuse, nous dit Dario Mantovani lui permet d'agir très concrètement sur le plan politique. D'ailleurs Auguste lui en fut reconnaissant : Capito fut nommé consul en cinq après Jésus-Christ, probablement à un âge déjà avancé, car il était d'une famille d'origine modeste. »

Son œuvre est connue grâce aux  Saturnales qui appartiennent au genre littéraire du banquet philosophique, œuvre écrite peut-être vers 420 apr. J.-C., donc presque quatre siècles après la mort de Capito, par Macrobe. Ce dernier auteur nous dit Dario Mantovani a conservé un passage – très peu étudié, mais riche d’implications de Gaius Capito. C'est dans ce passage qu'il y est question de la main qui porte l'anneau. A propos des Saturnales, notre juriste historien indique  :

"Au delà de la fiction, il s'agit bien évidemment d'un recueil dans lequel Macrobe a versé toute sa culture époustouflante, sa connaissance encyclopédique des écrivains et de la civilisation romaine. Au moment même où cette culture était en train de s'effacer face au christianisme."

Fidèle à sa méthode Dario Mantovani nous présente une analyse au plus près des textes et fait dialoguer les œuvres d'une époque à une autre. Dans ce cours final, il demande en introduction, à quoi sert en fin de compte d'ouvrir une voie à travers la forêt épineuse des théories et de se libérer des préjugés historiographiques qui veut que le juriste ne soit pas intéressés à leur passé.

Nous gagnons le Collège de France, le 5 juin 2019, pour le cours de Dario Mantovani, aujourd’hui « Conclusion. Dieux, empereurs et juristes : l'histoire de Rome dans un anneau ».

Intaille à usage de sceau montée en bague moderne. Personnage drapé, assis de face, tenant un globe, identifié par l'inscription au pourtour comme Ricimer (Flavius Ricimer, général romanisé,) 3e quart 5e siècle, Médailles et Antiques de la Bnf
Intaille à usage de sceau montée en bague moderne. Personnage drapé, assis de face, tenant un globe, identifié par l'inscription au pourtour comme Ricimer (Flavius Ricimer, général romanisé,) 3e quart 5e siècle, Médailles et Antiques de la Bnf Crédits : Bnf
Intervenants
  • Juriste-historien, Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire "Droit, culture et société de la Rome antique", Directeur du Cedant – Centre des études et de la recherche sur les droits antiques, à l'université de Pavie.
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