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Louis-Georges Tin, lors de son arrivée au Musée du Quai Branly, en 2013, auquel il demande la restitution au Bénin du trésor d'Abomey, pillé en 1894

Réparations historiques et justice globale

44 min

Ce soir, Frédéric Worms reçoit Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran)

Louis-Georges Tin, lors de son arrivée au Musée du Quai Branly, en 2013, auquel il demande la restitution au Bénin du trésor d'Abomey, pillé en 1894
Louis-Georges Tin, lors de son arrivée au Musée du Quai Branly, en 2013, auquel il demande la restitution au Bénin du trésor d'Abomey, pillé en 1894 Crédits : THOMAS SAMSON - AFP

Peut-il y avoir reconnaissance d’une injustice sans exigence de réparation ? La réponse semble aller de soi. Mais elle pose un tout autre problème lorsqu’il s’agit de l’esclavage, ou de la colonisation. Il peut sembler que la disproportion historique soit trop grande. Pour Louis-Georges Tin, cependant, philosophiquement et politiquement (il préside le CRAN, conseil représentatif des associations noires), c’est tout le contraire. Penser les réparations à cette échelle serait la condition pour penser une histoire et une justice mondiale, y compris pour le climat. Quelle que soit la réponse, on n’échappera pas à la question. Elle ne contredit pas mais crée au contraire une discussion mondiale, et pas seulement sur le passé, mais pour l’avenir.

E S S A I : Esclavage et réparations. Comment faire face aux crimes de l'histoire... , de Louis-Georges Tin - Editions Stock, 2013

Esclavage et réparations. Comment faire face aux crimes de l'Histoire... // Louis-Georges Tin, 2013
Esclavage et réparations. Comment faire face aux crimes de l'Histoire... // Louis-Georges Tin, 2013 Crédits : Editions Stock

Qu’ est-ce que la réparation ? C’ est le fondement de toute justice. Quand un tort est commis, il doit être réparé. Si l’ on reconnaît que la traite négrière fut un crime, alors il faut qu’ il y ait réparation. Si l’ on refuse la réparation, c’ est qu’ on remet en cause le caractère criminel du fait.

Les esclaves et leurs descendants n’ont cessé de plaider en ce sens : ils se sont battus pour obtenir, selon les cas, des dommages et intérêts, des aides au retour en Afrique, des lopins de terre, des retraites, des bourses d’ études, des actions mémorielles, culturelles ou symboliques.

De Condorcet à Desmond Tutu, en passant par Lincoln, Martin Luther King, Malcolm X, Frantz Fanon ou Aimé Césaire, tous ont plaidé en faveur des réparations. La loi Taubira elle-même prévoyait des réparations, mais l’ article fut écarté en commission des lois. En 2012, le gouvernement français s’est engagé à mettre en place une politique de réparation. Va-t-il tenir parole, ou va-t-il plutôt chercher à protéger les intérêts des négriers et de leurs héritiers ?

À la lumière de cet ouvrage fort et dérangeant, la question des réparations apparaît pour ce qu’ elle est : un enjeu grave, qui nous oblige à repenser à nouveaux frais l’histoire de France en particulier et les rapports Nord-Sud en général… - présentation de l'éditeur -

Intervenants
  • président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran), fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie
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