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Riña a garrotazos, de Francisco de Goya

Le refus de la violence

44 min
À retrouver dans l'émission

La non-violence, le refus de la haine : un sujet immense qui a d’innombrables implications philosophiques ; éthiques, politiques, sociales et spirituelles.

Riña a garrotazos, de Francisco de Goya
Riña a garrotazos, de Francisco de Goya Crédits : Francisco de Goya

Dans L’Epreuve de la Haine, livre plaidoyer contre la violence et la haine, Marc Crépon écrit : « La seule façon de redonner sens à des notions aussi diffuse et confuses que l’humanité ou la solidarité, la bonté ou la générosité, par opposition à la haine, consiste à reconnaître à l’éthique la radicalité de sa responsabilité : celle de l’attention, du soin et de secours qu’appellent la vulnérabilité et la mortalité d’autrui. »

Notre invité, Marc Crépon, est philosophe et traducteur, directeur de recherche au CNRS et, directeur du département de philosophie de l'École Normale Supérieure. Il travaille depuis plusieurs années sur la question de la violence et de la non-violence. Le thème de la violence, en particulier celle qui s'est manifestée à travers les atrocités et les totalitarismes du XXème siècle, est au cœur de sa réflexion, qui interroge aussi la violence du langage, ancrée dans les troubles de l'histoire, ce qu'il a nommé « le malin génie des langues ». Selon cette perspective, et comme l'illustrent par exemple les ouvrages de Imre Kertész, on a toujours besoin d'« histoires sur le bien et le mal », et la responsabilité de la littérature est de nourrir cet imaginaire, « à l'épreuve de la violence », à laquelle elle ne peut que se confronter. Dans ce contexte, le salut que peut parfois procurer l'écriture, à l'image de la poésie de Paul Celan ou du Journal de Kafka, n'est jamais acquis, ne peut jamais être un salut définitif. À la différence de la philosophie, la littérature permet d'exprimer ce qu'il y a d'absolument singulier dans l'expérience de la violence. La poésie en particulier peut ainsi être investie de promesses politiques, que Marc Crépon interroge par exemple dans son essai intitulé Terreur et poésie (2004), à partir des lectures de Hölderlin par Heidegger et de Mandelstam par Celan, analysant ainsi certains présupposés sur la langue, le destin, le peuple, portés par ces lectures. À travers cet ouvrage, la poésie comme promesse de salut s'incarne dans « deux façons radicalement opposées de penser la situation de la poésie face à la terreur politique.

Texte lu : Jaurès : Discours à la jeunesse d’Albi

Intervenants
  • directeur de recherche à l'Université Paris Sorbonne et directeur du département de philosophie à l'École normale supérieure
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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