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Ivan Jablonka

Le fait divers, un révélateur d’époque

44 min

Antoine Garapon reçoit l’historien Ivan Jablonka.

Ivan Jablonka
Ivan Jablonka Crédits : Corinne Amar - Radio France

Faire un roman sans fiction à partir d’un fait divers, voilà la matière d’un nouveau genre littéraire inauguré par Truman Capote (De sang froid). Ivan Jablonka s’y risque, à partir du crime dont a été victime Laetitia Perrais qui est devenue en 2011 une véritable affaire d’État. Il donne ainsi à la vérité judiciaire une chair sociale et humaine, et montre comment la fiction est nécessaire à l’histoire, comme il offre à une vie interrompue une épaisseur humaine et une existence, qui sont d’autres manières de lutter contre l’injustice.

"Laëtitia, en latin, veut dire "la joie"...."

"En tant qu'enquêteur, je viens après d'autres enquêteurs", avouera Ivan Jablonka. "Il n'y a pas de révélation dans mon livre . (...) L'aspect le plus sordide du fait divers n'y est pas présent : j'ai voulu rendre hommage à cette jeune fille (...), rendre à Laëtitia sa sépulture."

"C'était une jeune fille solaire, avec une personnalité très attachante, fille ou bru rêvée (...), ce qui n'empêche pas de montrer les zones d'ombre de sa vie ; les violences subies, les formes dures de ses épreuves, de ses difficultés... Pourtant, elle s'en tirait ; un CAP, un métier...."

"Dans le fond, pourquoi dans cette nuit, suit-elle son meurtrier sans le savoir?"

Dans quelle mesure n'était-elle pas attirée par Thanatos? Mystère. Une attirance chez cette jeune fille de dix-huit ans, à peine sortie de l'adolescence, pour le côté bad boy de son meurtrier ? Pour leurs frappantes ressemblances sociologiques ? Pourrait-on imaginer chez le garçon une forme de vengeance sociale, de misogynie, à l'encontre de quelqu'un qui s'en sortait, qui, envers et contre tout, dira "non", non à son meurtrier, non à la drogue, et finalement, mourra libre ?

Autant de questions, autant de réponses qu'évoquera, au micro d'Antoine Garapon, l'historien dans son souci d'enquête, de vérité, de "réparation", lui, le petit-fils de déportés qui n'aura jamais connu ses grands-parents, et choisira pour musique hommage à cette jeune fille, "Drôle de vie", de Véronique Samson, sa chanson à elle, préférée.

Intervenants
  • Écrivain et Professeur à l’université Paris 13.
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