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Myriam Revault d'Allonnes

Qu'est-ce que la représentation politique ?

45 min

Antoine Garapon reçoit Myriam Revault D’Allonnes, philosophe, spécialiste de philosophie éthique et politique, auteur de l'ouvrage "Le miroir et la scène; ce que peut la représentation politique" (éd. Seuil, 2016).

Myriam Revault d'Allonnes
Myriam Revault d'Allonnes Crédits : Corinne Amar - Radio France

Nos contemporains sont déçus par la représentation politique qu’ils n’estiment pas à la hauteur de leurs attentes. Mais n’en demandent-ils pas trop ? Au lieu d’espérer une figuration de l’idéal démocratique, ils doivent se donner les moyens de bâtir une scène pour agir politiquement, c’est-à-dire discuter, contester et délibérer pour donner force à la décision collective. AG

Notre invitée évoquera pour nous, d'emblée, la notion de crise aujourd'hui, les conditions de la modernité, reviendra sur la définition du "contrôle". On dit que le contrôle se manifeste au moment de l'élection. (...)Puis, on est nécessairement déçu (promesses non tenues etc.). Mais, qu'est-ce que "contrôler" ? Ce n'est pas seulement élire et attendre... "

"On se donne à voir. Dans l'idée de représentation, il y a plusieurs sens, et en même temps, quelque chose de paradoxal aussi; le fait d'être unis oui, mais au terme d'une tension. D'un côté, il y a une vision platonicienne de la représentation, c'est-à-dire, une imitation, une reproduction la plus fidèle possible; et de l'autre, l'idée d'une reproduction, selon la définition d'Aristote, d'hommes en train d'agir, d'hommes agissant et souffrant."

"On comprend aussi mal quand on est englué dans la sentimentalité que quand on est insensible. (....) Je pense à Stendhal qui disait : "je ne comprends que quand je peux sentir". "

"L'acteur, au fond, joue son rôle, sa partie; mais le spectateur est, lui aussi, partie prenante. Si vous prenez la théorie de la tragédie chez Aristote, le spectateur "éprouve", il n'est pas passif: en même temps que je regarde la scène, il y a tout un travail qui se fait en moi...

"Rousseau opère une critique sévère de la représentation; elle est, en soi, une atteinte à la souveraineté du peuple. (...) Ce qui anime Rousseau, c'est une certaine idée de la communauté où le lieu ne soit pas le lieu de la séparation...."

Une musique élue ? "L'air de Barberine, dans "Les Noces de Figaro" (par le Choeur et l'orchestre de Budapest)". - Pourquoi ? "J'adore Mozart et Rousseau."

Intervenants
  • Philosophe, chercheure associée au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) et professeure émérite des universités à l'École pratique des hautes études.

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