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« Saint Salopard » : Maurice Sachs ou l'esthétique du pire

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À retrouver dans l'émission

En 20 lettres imaginaires à des correspondants mythiques, le monde brillant, malsain et violent de l'écrivain Maurice Sachs.

Romancier et mémorialiste (auteur, notamment, du Sabbat et de Chronique joyeuse et scandaleuse), figure tressautante et sulfureuse des années 20 (lire ses souvenirs de l'époque recueillis dans Au temps du Boeuf sur le toit), Maurice Sachs aura été une sorte de monstre suave et d'enfant malsain auquel ses amis Cocteau, Gide, Max Jacob et Coco Chanel n'ont su résisté.
Hanté par la déchéance, perclus de malédictions familiales, une volatilité pathétique a fait de lui, au fil des jours, un trafiquant d'oeuvres d'art ou un séminariste, un directeur de collection ou un conférencier à la radio américaine, un giton cynique ou le gendre d'un ministre protestant, un admirateur de Thorez ou un collabo. Souvent, tout cela en même temps : un jeu de massacre auquel un SS mit fin, un jour de 1945.
Sachs a poussé l'infamie jusqu'à l'ascèse, fait de la saloperie une sorte de sainteté en creux, souillant ses amours, humiliant la confiance de ses amis et de ses amants.
Pour l'évoquer, la romancière Barbara Israël a osé l'impossible : descendre au royaume des morts, le temps d'y surprendre une correspondance intime et hors du temps entre Sachs damné et ses amis et amants : Gide, Cocteau, Chanel, Violette Leduc, ses parents, Julien Green.

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